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La désobéissance civile face aux OGM |
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Le collectif des "faucheurs volontaires", émanation du rassemblement "Larzac 2003", franchit un nouvel échelon dans la pratique de la désobéissance civile.
Quand le gouvernement encourage les intérêts privés ou les laisse s’imposer aux dépens de tous et de la terre ; quand la loi privilégie l’intérêt particulier au détriment de l’intérêt général, criminalisant ceux qui, en nombre restreint, ont osé l’enfreindre ; que reste-t-il aux citoyens responsables pour que le droit redevienne la référence de régulation entre les personnes et les biens, pour que l’Etat retrouve son indépendance et soit cette instance de défense et de préservation du bien commun ?
Il ne reste plus en conscience aux citoyens que d’affronter cet état de non-droit pour rétablir la justice au risque des amendes et des peines de prison possibles. Plus la conviction sera forte, plus le nombre des volontaires sera important, plus nous changerons le rapport de force. Agir à visage découvert et en plein jour, c’est cela notre force et notre expression démocratique pour que ce danger soit pris en compte avant qu’il ne soit trop tard.
Dans l’état de nécessité dans lequel nous nous trouvons, nous n’avons plus rien à notre disposition pour que la démocratie reste une réalité. C’est l’impuissance de l’Etat et l’usage inversé de la loi qui nous font entrer en résistance pour refuser la fatalité.
"Renoncer à la désobéissance civile, c’est mettre la conscience en prison", a dit Gandhi. La désobéissance civile est une action citoyenne et réfléchie. Elle peut compter sur un soutien important de la collectivité, puisque 70% des Français de tous bords politiques sont opposés aux OGM dans leur alimentation.
Les "faucheurs volontaires" ne s’opposent pas à la recherche fondamentale sur les OGM. A leurs yeux, celle-ci doit suivre des protocoles rigoureux dans ses expériences, en milieu confiné. Elle doit répondre sans préjudice aux véritables besoins de la société et ne pas faire le jeu du marché. Les chercheurs devraient être informés de l’origine des financements de leurs recherches et de l’usage qui sera fait des résultats.
Ce que les "faucheurs volontaires" dénoncent, ce sont les expérimentations et les cultures en plein champ, qui permettent la contamination irréversible des autres espèces végétales. Elles portent atteinte au patrimoine de l’humanité. Ce qu’ils dénoncent, c’est le brevetage du vivant qui mettra les paysans, du Nord comme du Sud, sous la domination des firmes biotechnologiques, ce qui, au lieu de réduire la faim dans le monde, risque de l’augmenter. Enfin, ils dénoncent l’abandon du consommateur à une politique de distribution alimentaire oublieuse du principe de précaution, sans se soucier des conséquences sanitaires.
Les "faucheurs volontaires" veulent développer et populariser cette résistance engagée par la Confédération Paysanne, et dont José Bové reste la figure emblématique, tandis que des collectifs "anti-OGM" prennent le relais. Cette lutte est l’affaire de tous. Nous sommes tous en danger. C’est une manière de résister à l’emprise grandissante de l’OMC, qui ne connaît ni le principe de précaution, ni aucune contrainte éthique ou sociale.
Dire non aux OGM en plein champ, c’est lutter contre la force du marché. C’est dire non à la fatalité et à la soumission.
Gilles Gesson
Création de l'article : 12 août 2004
Dernière mise à jour : 12 août 2004
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