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Le procès d’Orléans

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jeudi 3 novembre 2005

Procès d’Orléans du 27 et 28 octobre 2005
Du Geste à la Parole

Le 14 août 2004, quelques 150 militants anti-OGM sont venus de toute la France pour faucher sans heurt, la parcelle de 3000m² de Greneville-en-Beauce. « Ca y est, la parcelle est nettoyée ! » titrait la presse .
Une cinquantaine de membres du collectif de la région centre ont mené une opération de fauchage d’OGM, dans le Loiret, le 7 juillet 2005, à Greneville-en-Beauce et Neuville-aux-Bois. « Opération commando des faucheurs d’OGM  » annonçait un journal local le lendemain. Nous avons fauché avec nos pieds, nos mains, au corps à corps avec les pieds de maïs, au coude à coude, sous l’œil avide de la caméra de FR3. Ce fut une action collective où chacun était responsable de ses actes. La plupart d’entre nous avaient signé l’engagement des faucheurs volontaires , après avoir pris conscience des enjeux dangereux des OGM en plein champ et après avoir été informé des risques encourus en participant à une telle action.

Le 27 octobre suivant, 49 personnes mises en examen, les deux actions étant jointes, se retrouvaient au tribunal d’Orléans où elles allaient devoir assumer leurs actions par la parole !
« Les paroles, c’est bien beau de les dire, mais il faut les habiter ! » Allons-nous être capables d’assumer ce défi de Marie-Claire Djibaou

Le président avait choisi d’aborder les problématiques des OGM et déterminé lui-même trois thèmes d’intérêt :
- la dimension collective, l’état de nécessité, la désobéissance civile et civique
- l’économique : les relations entre paysans et semenciers
- les enjeux environnementaux et sanitaires des OGM
Il avait aussi choisi de permettre aux grands témoins d’être présents dans la salle pendant les audiences. Il a fait intervenir, sur chaque thème, témoins et prévenus politiques, agriculteurs et chercheurs,ensemble . Il s’était informé sur les trois sujets et a posé des questions pertinentes parfois piéges comme : « la lipase gastrique pourrait-elle être une sorte de Terminator ? » Bravo, Christian Velot : « c’est possible scientifiquement mais je ne veux pas entrer dans un procès d’intention.. » Déjà, l’association témoins / prévenus a permis de relier les arguments des uns et des autres et de faire monter en puissance le mouvement de résistance.

Le deuxième jour, tous, un par un, nous avons assumé la présence à la barre en donnant de façon concise nos motivations. Tous pour un, un pour tous !

Avec nos mots, nos attitudes, nos voix et nos histoire nous avons fait corps. La diversité humaine était au rendez-vous, des jeunes aux personnes âgées, des enfants, aux parents et grands parents, de l’enseignant à l’agriculteur, passant par l’ouvrier, le chômeur, le chercheur, le citadin, le rural ... Nous nous découvrions au fur et à mesure de nos interventions ; nous faisions vraiment connaissance. Nous avons tous ensemble affirmé notre volonté de vivre autrement que ce que veut nous imposer le système économique des firmes de l’agro industrie, de l’agro-chimie et semencière.

Est-ce cette petite musique qui alerte ou ce grondement venu des quatre coins de la France qu’a entendus Antoine Conte ?

« Qu’est-ce qu’elle a mais qu’est-ce qu’elle a donc not’ p’tit’ chanson ... ? »

Les avocats semblaient « dopés » par notre prestation collective. François Roux a précisé que nous venions de nourrir leur plaidoiries. Celle de l’avocat de la partie civile, en faveur de la firme américaine Monsento et la réquisition sans concession du Procureur n’ont pas entamé notre sentiment de force tranquille et solidaire. Il a été requis 3 mois de prison avec sursis pour 48 faucheurs, dont 15 jours de prison ferme pour 3 personnes inculpées deux fois, avec 1 500 euros d’amende pour chacun. Une peine plus lourde de 3 mois fermes, que le Procureur justifie par deux autres condamnations pourtant amnistiées, a été requise à l’encontre de J.E.Sanchez ancien porte-parole de la Confédération Paysanne.

Pendant ces deux jours, nous nous sommes sup-portés les uns les autres et les quatre avocats, avec Art, ont finalisé les enjeux de notre défense : la désobéissance civile et civique, le principe de précaution, l’état de nécessité, la légitime défense et les irresponsabilités prises par l’Etat à l’égard des autorisations d’OGM en plein champ. Ce que nous avons savouré !

Quel que soit le résultat final du délibéré du 9 décembre, ce procès aura prouvé que la société civile est capable de prendre en main la Résistance à ce que l’on veut lui imposer, quand cela est nécessaire.

Oui, nous voulons continuer à rêver notre avenir. La vie n’est pas une charge quand l’espoir est devant soi.

MOMO de L’Orne (MG, faucheuse volontaire)

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