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Deux millions et demi d’amende pour Monsanto |
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Publié par Rédaction le 12/07/10 dans la catégorie Nature.
Selon l’information révélée ce week-end par le quotidien Le Monde, le géant américain de la semence OGM, Monsanto, vient d’être condamné par l’Agence américaine de protection de l’environnement, l’EPA, à une amende de 2,5 millions de dollars pour vente non autorisée de coton génétiquement modifié.
Entre 2002 et 2007, Monsanto aurait distribué dans deux régions du Texas deux variétés de coton génétiquement modifié pour résister aux insectes, le Monsanto Bollgard et Bollgard II. Or, dans ces régions, l’EPA a spécifiquement interdit la culture du coton génétiquement modifié pour produire son propre pesticide. Elle craint en effet que des insectes deviennent résistants à ces produits.
1.700 infractions constatées
Le Bollgard et Bollgard II contiennent des agents protecteurs incorporés considérés comme des pesticides au regard de la loi de 1947. La firme se devait donc de contrôler la distribution de ces graines et d’imprimer certaines mises en garde sur les notices et manuel d’utilisation, à l’usage des régions où la législation interdit ce type de cultures. En 2007, Monsanto a alors fait savoir à l’EPA qu’elle avait distribué des graines interdites dans certaines régions soumises à restriction. Ce sont ainsi 1.700 infractions qui ont été constatées.
Le groupe agro-chimique se voit donc condamné au paiement d’une amende de 2,5 millions de dollars pour avoir vendu ces graines et ne s’être pas conformé aux règles en vigueur au Texas. Via cette sanction, l’EPA a voulu faire savoir que "quand une société viole la loi en distribuant des pesticides mal étiquetés, l’EPA réagit".
OGM : Monsanto, mis à l’amende, perd de sa puissance
Sur le site internet www.rtbf.be
12.07.10 - 13:14
C’est peut-être un tournant dans l’attitude des autorités américaines à l’égard des organismes génétiquement modifiés : le géant Monsanto va devoir s’acquitter d’une amende de 2,5 millions de dollars pour avoir enfreint 1700 fois les conditions d’une autorisation.
Monsanto fait souvent figure de grand épouvantail aux yeux des mouvements écologistes et alter-mondialistes. Cette société née en 1901 aux Etats Unis s’est peu à peu transformée en multinationale des pesticides et herbicides (au rang desquels le tristement célèbre défoliant "agent orange" massivement utilisé durant la guerre du Viêtnam, ou encore le "Roundup") et des semences génétiquement modifiées. Monsanto est accusé par ses détracteurs de mettre sur le marché des produits nocifs pour l’environnement et de rendre les paysans de la planète dépendants de ses semences.
Monsanto n’hésite jamais à attaquer ceux qui se mettent en travers de sa route ou qui prétendent dénoncer la nocivité de ses produits. Cette fois, la multinationale a peut-être trouvé son maître.
Sur son blog, l’avocat spécialisé en droit de l’environnement Arnaud Gossement parle carrément d’un "tournant dans l’histoire des OGM, voire d’un coup de tonnerre..."
Il voit dans cette décision de l’agence américaine de protection de l’environnement la marque d’une évolution des mentalités aux Etats Unis, où la cote de popularité et de confiance des grandes sociétés est en chute, dans la foulée de l’incapacité de BP à juguler la marée noire dans le Golfe du Mexique.
Des OGM qui favorisent la résistance des ravageurs
Monsanto a violé des prescriptions qui lui avaient été imposées par l’agence américaine pour la vente de semences de coton transgénique. Les deux types de semences concernés sont le Monsanto Bollgard et Bollgard II, génétiquement modifiées pour y inclure des protections contre certains ravageurs. L’agence américaine de protection de l’environnement a encadré la distribution de ces produits pour, précisément, éviter que se développent des résistances à ce coton transgénique et à d’autres pesticides. En particulier, Monsanto avait l’obligation d’informer les producteurs de certaines caractéristiques de son produit, et de l’interdiction de semer dans plusieurs zones du Texas.
Selon le communiqué de l’EPA, Monsanto a caché à l’agence américaine avoir distribué ses semences en violation des conditions de sa licence. Mais les investigations de l’EPA ont permis de vérifier que la multinationale avait transgressé ces limitations pas moins de 1700 fois entre 2002 et 2007.
Monsanto a déclaré vouloir s’acquitter de l’amende de 2,5 millions de dollars. Une paille pour la société, mais tout de même la plus importante amende civile administrative jamais infligée aux Etats Unis pour infraction à la loi fédérale sur les insecticides, les fongicides et les rodenticides (anti-rongeurs).
Thomas Nagant
MaTthieu
Création de l'article : 13 juillet 2010
Dernière mise à jour : 13 juillet 2010
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