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Libertés et Semences : un communiqué de l’Association Kokopelli

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samedi 29 novembre 2003, par Auteurs divers

L’Association Kokopelli qui oeuvre depuis de très nombreuses années à la protection de la biodiversité alimentaire (remise en valeur des anciennes variétés potagères, don de semences au Tiers-Monde) souhaite exprimer sa consternation et stupéfaction suite aux pressions exercées vis à vis de la Jeune Chambre Economique Nationale.

L’Association Kokopelli était un des quatre lauréats nationaux primés, lors du congrès de Besancon le 21 novembre 2003, par la Jeune Chambre Economique Nationale, dans le cadre de sa troisième édition du Concours de l’Entreprise Innovante. Ce prix était décerné pour nos activités internationales et nos campagnes de solidarité au bénéfice du Tiers-Monde ( don de semences, soutien au réseaux locaux de protection de la biodiversité alimentaire, création de banques de semences).

Quelques jours avant la remise des prix, le vice-président de la Jeune Chambre Economique Nationale nous a informé que notre prix était annulé suite aux pressions exercées par certains services du Ministère de l’Agriculture et par des syndicats semenciers.

Au début novembre, l ’Association Kokopelli avait déjà été lauréate de la Jeune Chambre Economique de la région Languedoc-Roussillon.

Le thème 2003 du Concours de l’Entreprise Innovante était le développement durable. Il est vrai que nous partageons tout aussi bien l’avis de la Jeune Chambre Economique Nationale, qui considère que c’est une notion bien trop souvent employée sans maîtrise de sa réelle dimension, que le refus de certaines organisations écologiques de participer à certains débats ou colloques sur ce thème. Nous serions même enclins à penser que les deux termes de développement durable sont antinomiques et que certaines organisations écologiques ont raison d’affirmer que l’on continue de massacrer la planète en toute impunité sous le couvert de ce concept nébuleux !

Cependant, l ’Association Kokopelli était fort honorée et satisfaite que ses dynamiques internationales de solidarité puissent être reconnues au moment précis où la FAO met en valeur un recul dans le combat contre la faim et se prononce pour le développement du jardinage familial et de l’agriculture durable dans les régions les plus déshéritées de la planète. Les communautés rurales les plus défavorisées du Tiers Monde n’ont pas besoin de semences hybrides ou génétiquement modifiées (dont la nature intrinsèque génère le recours à des systèmes agricoles non durables). Elles ont besoin de semences de variétés anciennes qui sont un facteur de sécurité alimentaire et d’autonomie semencière.

Ce prix de la Jeune Chambre Economique Nationale était un rayon de soleil au milieu de la grisaille des tracasseries administratives et menaces qui nous poursuivent depuis des années, de par le fait que certaines de nos variétés anciennes ne sont pas inscrites dans le registre national.

Nous posons la question du fondement de telles pressions vis à vis de la Jeune Chambre Economique Nationale alors que depuis longtemps, de nombreuses collectivités et institutions utilisent nos semences illégales (Mairie de Paris, Mairie de Poitiers, Conseil Général de la Guadeloupe, Jardins du Muséum d’Histoire Naturelle, certains parcs régionaux et nationaux, etc, etc ). Certaines grandes organisations internationales ont même créé un lien à partir de leur site internet vers le nôtre (www.kokopelli.asso.fr). Nous remercions vivement toutes ces institutions nationales et internationales qui se solidarisent avec notre démarche de désobéissance civile !

Rappelons aussi que la directive européenne de 1998 (98/95/CE) permet d’assouplir les critères d’inscription au catalogue national (plus particulièrement quant aux critères stricts d’homogénéité et de stabilité) pour les variétés adaptées à des habitats spécifiques et menacées d’érosion génétique et pour les variétés de semences et plants adaptés à l’agriculture biologique. Cette directive européenne n’a pas encore été traduite en droit Français.

Des ouvrages de fiction, il y a quelques dizaines d’années de cela, décrivaient des sociétés exerçant une répression farouche contre toute personne cultivant son jardin et produisant des semences ! Fiction ou réalité ?

Nous voulons garder l’espoir et nous continuerons à semer des graines de vie sur toute la planète !

Dominique Guillet
Association Kokopelli
dominique.kokopelli@wanadoo.fr
http://www.kokopelli.asso.fr

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