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Délinquance ou Résistance |
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Le 13 avril et le 14 avril 2005 comparaissaient respectivement à Orléans et à Toulouse les faucheurs volontaires de plants transgéniques. A la conclusion de ces deux procès, on se rend compte du refus politique de reconnaître la nature collective des actions : 222 comparants volontaires ont été refusés comme accusés. En sélectionnant les prévenus, le Parquet fait pression sur les magistrats pour nier le caractère de désobéissance civique de ce collectif. Pourtant, sept éléments caractérisent la désobéissance civique qu’on ne peut confondre avec un acte de délinquance.
1) L’infraction doit être consciente et intentionnelle : la création d’un collectif de faucheurs volontaires parle d’ elle-même.
2) L’infraction doit être publique : Les actes se font à la vue et au su de tous. 100 à 200 personnes ont mené samedi 14 mai, à Valdivienne (Vienne), une opération, sous le regard de quelques gendarmes, qui ne sont pas intervenus. Environ 150 semeurs volontaires menés par José Bové, ont ensemencé avec des semences non-OGM deux champs destinés à l’expérimentation des OGM. Ces champs appartiennent à un exploitant agricole qui travaille avec le géant américain de l’agrochimie Monsanto.
3) L’infraction doit être issue d’ un mouvement à vocation collective : les actions des faucheurs tentent de rappeler (entre autres choses) que la biodiversité est mise en danger par les essais à l’air libre, la contamination par le pollen ne pouvant être maîtrisée ( tout comme le nuage de Tchernobyl) ;
4) L’action doit être pacifique : En arrachant des plants transgéniques ou en semant des graines, les faucheurs semeurs n’atteignent en rien la vie d’autrui. (au contraire !)
5) L’action doit avoir un but : la modification de la loi relative à l’objet de discorde. Dans le cas présent, une réglementation garantissant notre santé serait plus que souhaitable ; faire des essais à l’air libre en sachant que la contamination peut s’avérer très préjudiciable, n’est pas très responsable en terme de santé publique et de protection de notre environnement.
6) Assumer le risque des sanctions : en se présentant à la justice, les 222 comparants volontaires assument complètement leurs actes et la sanction qui leur correspond.
7) L’action doit être mise en œuvre pour défendre des principes dits « supérieurs » (touchant à la vie, à la santé ou à la liberté des citoyens).
En examinant ces différents points, on s’aperçoit du cas flagrant de désobéissance civique que revendique haut et fort les faucheurs volontaires. En reniant ce statut, l’Etat ou le Parquet refuse ainsi tous débats publics ; toute remise en cause sur le développement des cultures OGM, et toute expression démocratique. Pourtant 70% des Français refusent les OGM, 16 régions(sur 22 , largement plus de la moitié) et 1500 communes de France ont déjà signé des arrêtés contre les cultures de plants transgéniques sur leur territoire. Les risques sur la santé et l’environnement que les OGM inspirent de façon massive ne changent en rien la politique du gouvernement qui continue à autoriser ces essais à l’air libre et qui reste sourd à tous débats ou prise de position démocratique.
Voilà ce qu’on peut trouver sur le site interministérielle consacré aux OGM (ogm.gouv.fr) :
Quels sont les risques que présentent les OGM pour l’environnement ou la santé ?
Parmi les risques que sont susceptibles de présenter les OGM, figurent notamment des risques pour la santé humaine par toxicité ou allergénicité et des risques pour l’environnement comme la déstabilisation de certains écosystèmes.
Aussi, pour chaque OGM nouveau, convient-il de vérifier qu’il ne présente ni risque pour la santé, ni impact négatif sur l’environnement. En particulier, il faut être certain que la dissémination dans l’environnement des nouveaux gènes introduits n’est pas susceptible de provoquer de nuisance. A titre d’exemple, pour les OGM tolérants à un herbicide, il convient de s’assurer de la non-dissémination du gène de tolérance à l’herbicide considéré qui serait susceptible de rendre inefficace le désherbant.
Quant à l’intervention sur le génome humain, elle reste interdite. De nouveaux programmes permettant de mieux appréhender les risques potentiels liés aux cultures GM doivent être développés.
Ainsi c’est clair, à l’heure actuelle, nous n’avons aucune garantie en termes de santé publique et de protection de l’environnement, alors pourquoi refuser l’opposition aux O.G.M qui apparaît légitime.
Si José Bové avait détruit, il y a dix ans des stocks de farines animales, aurait-il été délinquant ou défenseur de la santé publique ?
C.H
Cécile Hache
Création de l'article : 21 octobre 2005
Dernière mise à jour : 20 septembre 2005
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