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Compte-rendu le la première journée
Samedi 6 octobre 2007
Salut à vous amis !
21h, nous venons de nous régaler d’un repas excellent, soupe au pistou (avec des pâtes, sucre lent...), crudités, vin et cidre à volonté, fromages et dessert, crêpes au miel...Repas « normal et naturel » à faire crever d’envie tout mangeur d’ogm ! Merci aux organisateurs et à ceux qui nous reçoivent.
Aux couleurs de l’Arc en Ciel, un groupe de jeunes gens musiciens, saltimbanques, dé-croissants, avance derrière les banderoles. On démarre !
1ère journée, 17 km à travers le désert beauceron si cher à Gaston Couté ! Le désert, quelques arbres au loin, pas facile de pisser discrètement ! d’immenses champs de maïs tout sec, des structures mobiles gigantesques et immobiles, qui doivent servir d’arroseurs !!! de grosses bâtisses agricoles, pas de petits paysans ici ! On a pu discuter avec des villageois, étonnés de nous voir là, rieurs, joyeux et déterminés. Pause à Monsanto, usine d’expérimentation, on a rien abîmé, Thierry Faucheux nous a chanté la fameuse »justice en bois » ! Bien sûr on est accompagné de quelques voitures et motos de couleur ciel, clair et foncé ! On se rencontre, on se retrouve, on est là pour la même cause, des ogm, on n’en veut pas ! Ce soir, discussion... et ça cause ! Nous sommes environ 80, espérons arriver 8000 à Paris ! A demain pour la suite !
Maya, faucheuse
Dimanche 7 octobre 2007
Traversée de plusieurs villages avec information au passage et toujours sous un soleil chaleureux !Un défilé de joyeux marcheurs dans la plaine beauceronne,rasée de la plupart de ses cultures intensives !Etonnant qu’en cette région il n’y ait pas de maïs GM !
Belle présence des guerriers de l’arc en ciel , qui nous accompagnent sur toute la marche, sur la place de Prunay le Gillon : jolies chansons interprétées avec force et couleur !
Quelques ampoules et quelques massages !
Franciska, une parmi les 70 marcheurs(es)
Lundi 8 octobre 2007
Lève-toi et marche !
Marchons depuis 2 jours et le soleil éclaire toujours nos pas en cette troisième journée, la petite tribu de quelques 70 pèlerins colorés avancent dans la joie et la bonne humeur.
Joie d’être au grand jour, du vent et du temps paisible, joie d’être ensemble unis par la force d’un combat et la volonté de porter nos revendications sur la place publique.
Bonne humeur, de l’attention portée du soleil à notre marche, et de l’intendance qui veille au grain : à chaque étape, d’un midi, d’une soirée débat ou simplement au repos pour la nuit, nous trouvons la chaleur de nos hôtes beaucerons...acquis à la cause.
Bien décidé à nous faire entendre, la marche aura de l’écho si, en route, elle grandit.
Alors évidemment nous attendons toutes celles et ceux qui, pour un jour ou plus, nous rejoindrons sur le chemin.
La route est jalonnée de rencontres diverses, des villageois aux regards curieux, surpris d’une telle énergie, que feront-ils lorsque vous nous aurez tous rejoints !
Aujourd’hui, notre convoi a longé une petite troupe de Fdseaiens et iennes, bardés de couleurs blanches et vertes avec de curieux slogans unificateurs : « Agriculteurs et chercheurs volontaires : halte à la destruction des essais ! »
La veille nous nous étions quelques peu préoccupés de ce comité d’accueil, mais finalement nous avons eu droit à une sorte de haie d’honneur somme toute pacifique, seraient-il acquis à un quelconque dialogue serein ?
Ainsi, la marche n’a pour rien au monde freiné son œuvre versaillaise, continuant sa progression dans le désert de l’agriculture Sacro-intensive.
Après un repas-AG au milieu des barres hlm sur le contenu de la rencontre avec quelques représentants de la Chambre d’Agriculture d’Eure et Loir, le cortège s’est dirigé vers ce lieu de la « représentativité » du monde agricole.
2 heures d’une table ronde autour des Ogm bien sûr, pas des frigos en acajou...., interventions des uns et des autres, et bilan très mitigé quant au manque de réalisme vis-à-vis de nos revendications, on va pas vous faire un dessin, s’il y avait du nouveau, ON VOUS L’ECRIRAIT AU MOINS AUSSI GROS !
Enfin, balade dans les rues de Chartres pour rejoindre le lieu de notre soirée, une fois de plus active !
Préparation de l’audience au tribunal pour les uns, début de ripaille pour les autres puis festoiements tous ensemble avec les guerriers de l’Arc en Ciel.si, si vous auriez dû prendre une semaine de vacances pour vivre tous ces moments, m’enfin d’accord on remettra ça l’année prochaine.
.jusqu’à ce que vie s’ensuive.
Etienne, un marcheur heureux
Mercredi 10 octobre 2007
La marche est repartie ce matin de Yermenonville à la limite de l’Eure et Loir et les Yvelines. Les paysages se déroulent, plus taillés pour les machines que pour les hommes. Les haies ont disparues depuis belle lurette. Les champs labourés s’étirent à perte de vue. La terre est noire, sans caillou. Elle fait plaisir à voir. Les charrues des tracteurs la coupent comme du beurre.
Yves Manguy, premier porte-parole de la Confédération paysanne en 1987 a rejoint les marcheuses et les marcheurs à Chartes. Une casquette du MST - Mouvement des Sans Terre - vissée sur la tête, il regarde un peu perplexe ces étendues où l’Homme ne semble plus avoir sa place. "Même ici, on devrait faire une réforme agraire, Il suffirait de tailler des bandes de 50 ou 60 hectares. Cela permettrait de faire vivre des familles" Il rappelle une nouvelle fois l’importance de la lutte menée pour la Défense des Semences de Ferme, pour que les paysans aient le droit de replanter une partie de leur récolte. "Avec les brevets, Monsanto et Limagrain, tout ça serait bientôt terminé"
La gendarmerie nationale accompagne la colonne par les petits villages rupins. De vastes maisons bourgeoises et cossues qui respirent la respectabilité apparaissent au fond de magnifiques parcs jardinés. Au détour d’un sentier, un kangouroo regarde médusé cette colone humaine qui crie des slogans contre les OGM. C’est étrange cette bête venue des antipodes, échappées visiblement d’un parc animalier. Les chiens ne prennent même pas la peine de la courser.
"Rambouillet, Il parait que nous avons fait la moitié du chemin, jusqu’à Rambouillet". C’est la rumeur qui circule pendant la pause casse-croute. Il parait qu’il nous reste encore 12 kilomètres pour la ville et après il y en a encore autant après pour arriver à Cernay !" "C’est pas vrai, c’est pas des kilomètres, mais c’est des miles qu’ils nous font faire". Malgré ces petits doutes, la colonne reprend la route avec une voiture bleue qui ouvre le chemin.
Les faubourgs de Rambouillet apparaissent enfin, aussi laids et tristes que ceux de toutes les villes. Les trois policiers tentent sans succès de repousser la marche loin de la grande rue commerçante. Mais ils sont facilement débordés et les marcheuses et les marcheurs se transforment en manifestants "NON, aux OGM, Pas d’OGM dans nos assiettes". Depuis combien de temps la ville qui a élu Mme Boutin députée n’avait-elle pas connu une telle sponatanéité citoyenne et militante ?
La colonne quitte la ville et s’engouffre sous la belle futaie de la forêt de Rambouillet. L’étape se termine une bonne quinzaine de kilomètres plus loin autour d’une soupe chaude, d’un verre de vin guilleret et d’un plateau de fromages. Les jambes sont fourbues, mais personne ne regrette un instant de participer à cette étrange aventure.
Demain, nous serons encore plus nombreux.
Auteurs divers
Création de l'article : 7 octobre 2007
Dernière mise à jour : 11 octobre 2007
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