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Bonne nouvelle pour les abeilles : Gaymard suspend enfin le Gaucho ! |
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Le principe de précaution enfin appliqué ! Les abeilles fond la ronde, les amis de la vie et les apiculteurs jubilent : après des années d’interminables procédures judiciaires et batailles médiatiques, le ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, a annoncé le 25 mai sa décision de suspendre l’usage du Gaucho pour le maïs, jusqu’à la réévaluation du produit par la Commission européenne en 2006, ce qui donne respectivement raison à Philippe de Villiers.
La décision est tombée hier : le Ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, a décidé de suspendre l’usage du Gaucho pour le traitement des semences de maïs jusqu’en 2006. Le 21 avril, le Conseil d’État, saisi par trois syndicats d’apiculteurs avait accordé deux mois au ministère de l’Agriculture pour se prononcer sur l’avenir de l’insecticide, déjà prohibé depuis 1999 pour la culture du tournesol.
La décision fait suite à l’avis de la Commission d’études de la toxicité des produits phytosanitaires qui indiquait « le risque pour les abeilles, s’il apparaît moins important que dans le cas de l’usage pour l’enrobage des graines de tournesol du fait de la seule exposition au pollen, reste préoccupant. »
Bayer CropScience France (ex IG Farben) qui fabrique le Gaucho avec la même froide détermination que sa maison mère, son ancêtre fabriquait le cyclon B (Zyklon B), ne se sent toujours pas concernée par les dégâts de ses belles productions et ne désespère pas : "Il s’agit d’une suspension provisoire, pas d’une interdiction".
Les écologistes, la Confédération Paysanne, les verts et bien sûr les apiculteurs se félicitent de la suspension d’un produit qu’ils combattaient depuis de longues années :« Hervé Gaymard a pris une sage décision, commente Jean-Marie Sirvins, président de l’Union nationale de l’apiculture française. Le ministre a pris la mesure de la dangerosité du Gaucho pour les hommes et pour les abeilles. Nous resterons vigilants sur les procédures d’homologation des molécules qui vont remplacer celle du Gaucho, l’imidaclopride. Les apiculteurs doivent être associés à ces procédures. »
Prise d’otage*
Laissez-nous polluer et tuer en paix, clament les organisations agricoles productivistes. Chez eux, c’est la consternation. « Cette décision, qui a été prise sans que les agriculteurs soient entendus, est une décision politicienne et irrationnelle qui isole la France, sans tenir compte des véritables intérêts des Français en terme de santé, d’environnement, d’économie et d’emploi », fulmine Christophe Terrain (qui joue là sur un bien mauvais... terrain...), président de l’Association générale des producteurs
de maïs (AGPM).
Certains représentants d’organisations agricoles font valoir que « la responsabilité du Gaucho dans la surmortalité des abeilles n’a jamais été démontrée ». Plus grave, ils menacent : il n’y a pas de substitut au Gaucho et son interdiction entrainera l’utilisation de produits encore plus nocifs pour la santé des consommateurs et l’environnement. « Les agriculteurs sont désormais privés de moyens efficaces et sûrs de protection des cultures, déplore Bernard de Verneuil, président de la Fédération des oléagineux et protéagineux (FOP). Supprimer le Gaucho va conduire à utiliser 10 000 tonnes d’insecticides granulés, soit l’équivalent de 300 semi-remorques. »
Les céréaliers sont d’autant plus surpris et furieux que leur travail de lobby intensif auprès du premier ministre, pour une fois, ne semble pas avoir fonctionné. Le lobby des amis de la vie aurait-il été plus fort ? Sur grainvert, nous ne pouvons que nous en réjouir. Nos articles, notre pétition en ligne ont certainement contribué à faire pencher la
balance.
* Prise d’otage, un terme fort
: Quoique fréquemment utilisé par la presse libérale pour stigmatiser les grévistes qui prendraient les usagers "en otage", nous n’utilisons que rarement ce vilain terme, qui évoque une terrible période de notre histoire. Rappelez-vous, lorsque le pantin mis en place par les grandes firmes allemandes, dont IG Farben, avec l’actif soutien du grand-père de Georges Bush et Wall Street, le fou furieux Adolf Hitler terrorisait l’Europe. Mais, en l’occurence, comment qualifier autrement la politique de la terre polluée de nos "agricultueurs" céréaliers ?
Laissez-nous dégeulasser la terre, compromettre la santé de tous, ou bien nous ferons pire (nous planterons des OGM ?) !
Mais ne nous réjouissons pas trop vite, suspension n’est pas interdiction définitive, là encore, comme pour les OGM, le gouvernement Raffarin botte une longue touche en direction de Bruxelles...
Le combat ne fait que commencer... 2006 n’est pas si loin !
En savoir plus, sur grainvert :
Cette étrange mortalité des abeilles
Un motif de réjouissance n’arrivant jamais seul, transfert de gènes chez les abeilles
la pétition est toujours en cours, en collaboration avec nos amis d’altermonde, le village. Allez hop ! Je signe et fais signer la pétition abeille en danger !
A propos d’IG Farben, Bush et Hitler, lire :
La bête est revenue, on l’a reconnue !
La suite en ligne : Le ventre est encore fécond, les enfants se portent bien, merci !
Le site de la Confédération Paysanne
sousmarin vert
Création de l'article : 16 juin 2004
Dernière mise à jour : 26 mai 2004
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