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La bataille des OGM fait flop à Bruxelles |
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Le 02/03/2009 - 17h56 - D’après Agence.
Les pays de l’UE ont refusé lundi de forcer l’Autriche et la Hongrie à cultiver le maïs MON 810 de Monsanto, désavouant la Commission européenne.
Une bonne nouvelle pour la France et la Grèce, deux pays également récalcitrants à la culture de ce maïs, et dont la position doit aussi être examinée au niveau européen ce printemps.
Pour José Manuel Barroso, qui s’était personnellement impliqué dans le dossier, le vote sonne comme un désaveu personnel, alors même qu’il est candidat à un nouveau mandat à la tête de la Commission européenne. Invoquant une possible plainte contre l’UE à l’OMC, et jouant sur les divisions des pays membres de l’Union, très fortes sur le dossier OGM, il comptait sur un mécanisme de décision européen complexe pour imposer la levée des interdictions frappant certaines cultures transgéniques dans deux pays : l’Autriche et la Hongrie. Mais les ministres de l’Environnement de l’UE se sont prononcés ce lundi contre la levée des interdictions hongroises et autrichiennes sur le maïs OGM MON810. Bonne nouvelle par contrecoup pour la France et la Grèce, pays également récalcitrants à la culture du maïs de Monsanto, et dont la position se trouve confortée. Pour Jean-Louis Borloo, qui a affirmé ne pas vouloir "mener une guerre", ce vote européen montre avant tout l’urgence d’une expertise indépendante.
Qui plus est, le scrutin est sans ambiguïté, alors qu’on l’annonçait plutôt serré : lors du vote à Bruxelles, seuls cinq Etats membres - le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Finlande, la Suède et l’Estonie - se sont prononcés ce lundi en faveur de la levée de l’interdiction d’utiliser et vendre le maïs de l’américain Monsanto en Autriche et en Hongrie, les autres votant contre. Les Vingt-Sept se sont également prononcés contre la levée de l’interdiction en Autriche du maïs T25, développé par Bayer.
Des opinions défavorables, et un manque d’éléments scientifiques
"Je ne vois pas pourquoi nous devrions favoriser les intérêts d’une seule compagnie américaine alors que les citoyens de l’UE sont majoritairement contre", avait estimé le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel, avant le vote. "S’il n’y a aucun nouvel élément, alors j’ai l’intention de me prononcer contre la Commission européenne", avait-il dit.
La clause de sauvegarde permet à un pays de l’UE d’interdire la culture d’un OGM même si celui-ci est autorisé au plan communautaire, à condition de le justifier scientifiquement. Outre Vienne et Budapest, la France et la Grèce ont elles aussi notifié en février 2008 et début 2006 de telles clauses de sauvegarde sur le MON 810, le seul OGM qui peut être pour l’instant cultivé dans l’UE aux fins de commercialisation. Ces clauses devraient faire l’objet d’un vote des Vingt-Sept lors d’une prochaine réunion des ministres de l’Environnement ou de l’Agriculture.
L’autorité européenne de sécurité alimentaire a toujours estimé qu’aucune preuve scientifique ne justifiait les embargos alors que sept pays de l’Union européenne ont utilisé l’année dernière des semences OGM dans leurs champs. Pourtant, mi-février, les experts des biotechnologies de l’Union européenne n’avaient pas pu se mettre d’accord sur l’approbation ou le rejet de la demande de la Commission européenne qui veut obliger Paris et Athènes à autoriser la culture du maïs OGM. De son côté, le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, a fait valoir que la question de la dissémination dans la nature des cultures OGM, à l’origine de la clause de sauvegarde brandie jusqu’à aujourd’hui par Paris, était toujours d’actualité.
MaTthieu
Création de l'article : 3 mars 2009
Dernière mise à jour : 3 mars 2009
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