| Coexistence OGM : interpellons nos députés ! |
La décision d’accepter ou non la coexistence des OGM en France avec d’autres cultures doit être prise prochainement.
La commission OGM d’Attac, reprenant un courrier du groupe OGM d’Attac Rouen, vous invite à adresser à vos députés respectifs la lettre que vous trouverez sur le lien suivant :
http://www.france.attac.org/a5738 ; elle se trouve aussi dans l’encadré ci-dessous, augmentée d’un post-scriptum de Jacques Hallard et de 2 articles récents.
Pour connaître les coordonnées de votre député, consultez http://www.assemblee-nationale.fr/1...
Monsieur ...., Député de ....
........, le ......... 2005
Monsieur le Député,
Vous allez être sollicité par le gouvernement pour établir une loi fixant les règles de coexistence entre cultures de plantes génétiquement modifiées (PGM) et celles issues des agricultures conventionnelles et biologiques. A ce sujet nous vous informons que plus de 800 scientifiques internationaux appellent à un moratoire d’une durée d’au moins cinq ans pour l’arrêt des cultures PGM dans une lettre ouverte adressée à tous les gouvernements (1). Etayée par de nombreux faits scientifiques observés en laboratoire et de constats faits en plein champ, cette lettre met en évidence l’impossibilité de la coexistence des cultures PGM et non PGM, ainsi que les dangers irréversibles inhérents à l’exploitation de cette technologie en milieu ouvert : dangers touchant directement la santé publique et notre environnement. Les pays qui ont massivement engagé leur agriculture dans cette voie (à 95% présents sur le continent américain) sont aujourd’hui confrontés à de lourdes crises écologiques et sanitaires comme en Argentine par exemple (2).
Il est de votre ressort de limiter les PGM à leur plus strict confinement dans l’attente de la réalisation d’une étude complète de toxicologie, notamment pour les plantes vouées à synthétiser leur propre insecticide ou à absorber de fortes doses d’herbicide (représentant 99% des PGM cultivés dans le monde). Ces plantes à haute teneur en pesticides devraient suivre le même protocole de validation toxicologique que celui fait sur les nouveaux produits phytosanitaires avant leur mise sur le marché : étude sur les rats pendant deux ans et de 90 jours sur d’autres mammifères (3).
Jusqu’à ce jour, nous ne connaissons qu’une seule étude de toxicologie menée sur des rats pendant 90 jours, réalisée par la firme Monsanto sur son mais insecticide MON 863. Les résultats de cette étude furent difficiles à obtenir (4) et révèlent des effets suffisamment graves sur la santé des rats (dysfonctionnement rénal, globulaire, effet sur la croissance...) pour justifier la demande de compléter les recherches et remettre en cause le principe « d’équivalence en substance ». Ce principe établi par la Maison Blanche sous la présidence de Ronald Reagan en 1986 (5) statue qu’une plante transgénique est une plante comme les autres et n’a donc pas à subir de tests toxicologiques particuliers... Créé à l’époque pour assurer un retour sur investissement rapide pour la valorisation des nouveaux brevets appliqués au domaine du vivant, il est toujours de mise, notamment en Europe, pour l’autorisation des PGM. En 20 ans, une meilleure connaissance scientifique dans l’expression des gènes montre la complexité des processus engagés, sources de variabilité toxicologique pour les molécules synthétisées par les plantes et rend caduc ce principe simpliste et dangereux.
Pour les plantes vouées à la synthèse de molécules pharmaceutiques, nous nous en remettons à la tribune libre que nous vous joignons, coécrite par des personnalités scientifiques comme Albert Jacquart, Jean-Marie Pelt ou comme le Professeur Dominique Belpomme, cancérologue, mandaté par le Président de la République Jacques Chirac pour instruire les actions à mener contre les cancers en France.
L’irréversibilité de ces applications (on ne rattrape pas des gènes disséminés dans la nature) ajoutée à l’instabilité dans le temps des constructions génétiques brevetées (déjà révélée) n’autorise pas le développement de cette technologie dans le monde agricole. Seules les applications en milieu confiné, industriel (exemple de la synthèse de l’insuline) sont autorisables aujourd’hui. Nous espérons que vous partagerez ce bon sens avec nous lors de l’écriture de cette loi sur les PGM.
Nous sommes à votre disposition si vous souhaitez obtenir des renseignements complémentaires ou nous rencontrer. Veuillez agréer, Monsieur le Député, nos meilleures salutations.
Références bibliographiques :
- Texte et signataires consultables sur le site www.i-sis.org.uk/list.php
- Voir le documentaire (de 23 mn) diffusé sur ARTE le 26/10 « Argentine, le soja de la faim » ou lire l’article du New Scientist ( vol 192, issue 2443, 17/04/04, page 40).
- "Les OGM en guerre contre la société", éd. Mille et une Nuits, 2004, p 87 et suivantes
- Lire l’article joint « Omerta génétiquement modifiée » du Canard enchaîné du 12/10/05.
- Information donnée dans le livre « La guerre secrète des OGM », d’Hervé Kempf (journaliste au Monde), ed. SEUIL, page 72.
signature ......
PS Elus, vous devez prendre la mesure des risques encourus avec les OGM de première génération qui se développent à travers le monde, surtout sur le continent américain ainsi qu’en Chine notamment, en Espagne et en Roumanie également. Nous sommes déjà entrés dans ces pays dans une phase irréversible pour l’environnement et la santé publique.
Il est encore temps d’agir en Europe en général et en France en particulier pour mettre à bon escient le principe de précaution en ce qui concerne les dangers que représente la dissémination des OGM dans notre environnement.
La Directive Européenne de 2001 relative aux OGM doit entrer d’urgence dans les faits législatifs et réglementaires dans notre pays. Et appliquée avec rigueur.
L’opinion publique, majoritairement hostile au développement des OGM, doit être écoutée et entendue.
Il faut absolument prendre en considération les points de vue bien argumentés et documentés de nombreuses organisations et de personnalités scientifiques indépendantes de grand renom, non soupçonnées de conflits d’intérêts avec les sociétés transnationales qui visent à conquérir de nouveaux marchés mondiaux solvables avec es OGM et la technologie afférente, en France et à travers le monde.
Vous ne pourrez pas dire, comme d’autres en d’autres temps, à vos enfants et petits enfants « que vous ne saviez pas » !
Informations de dernière minute sur de récentes mesures de précaution prises en Suisse et en Australie et concernant les OGM :
OGM Les plantes génétiquement modifiées interdites pour cinq ans en Suisse.
Source : LEMONDE.FR | 27.11.05 | 16h53.
Les Suisses ont approuvé, dimanche 27 novembre 2005, à une large majorité, l’interdiction pendant cinq ans de l’utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’agriculture, selon les résultats officiels du référendum national. Concrètement, au terme de ce vote, l’agriculteur suisse ne pourra ni cultiver des plantes génétiquement modifiées, ni élever des animaux transgéniques pendant cinq ans...
Le gouvernement suisse a fait valoir que le texte soumis à référendum, rejeté par le parlement, aurait peu d’effets pratiques sur l’agriculture du pays, la recherche ou les importations étant déjà soumises à de sévères limitations... La loi actuellement en vigueur interdit l’utilisation d’OGM pour les animaux de ferme et prévoit un long processus de tests avant l’autorisation de l’emploi de plantes génétiquement modifiées.
Pour l’instant, aucune demande d’utilisation d’OGM n’a été déposée en Suisse. De leur côté, des industriels se sont prononcés contre un moratoire, estimant qu’il aurait des conséquences négatives pour les entreprises suisses de biotechnologies. Des scientifiques ont argué que le secteur des recherches sur les OGM se développerait hors du pays.
OGM Des pois génétiquement modifiés sont abandonnés en Australie suite à des maladies observées chez des souris expérimentales
November 21, 2005 9:32 AM - 18.11.2005 20:54 ATS
SYDNEY - Une expérience australienne sur les OGM, les organismes génétiquement modifiés, a dû être interrompue après dix ans de recherche. Les souris qui étaient nourries avec des petits pois résistants aux insectes ont développé des maladies des poumons.
Les résultats de la recherche ont été publiés cette semaine dans le "Journal of Agricultural and Food Chemistry". Ils expliquent que la maladie dont souffrent les animaux cobayes proviendrait d’une modification structurelle de la protéine introduite dans le petit pois pour les rendre résistants aux larves.
"La réaction des souris à la protéine pourrait préfigurer des atteintes à la santé humaine", a expliqué à la chaîne de télévision ABC Thomas Higgins, chercheur au CSIRO, le plus grand organisme de recherche publique du pays.
L’institut souhaitait protéger les plantations de pois contre un insecte ravageur, le Bruchus pisorum. Contrairement aux petits pois, les haricots ne sont pas affectés par cet insecte. Aussi les chercheurs ont-ils utilisé un gêne de cette légumineuse pour améliorer la résistance au charançon Bruchus pisorum des pois. Au terme de l’expérience, ces derniers montraient une résistance de 100 %.
Parallèlement à la dissémination en plein champ, une étude de risques, portant notamment sur l’alimentation des souris, a été menée. Les souris nourries avec des haricots ou des pois non génétiquement modifiés n’ont pas montré de réaction immunitaire.
En revanche, les animaux dont l’alimentation consistait en pois génétiquement modifiés ont développé une inflammation des poumons et une augmentation des anticorps dans le sérum sanguin. Selon le CSIRO, la réaction s’explique par le processus de transformation que subit le gène de haricot pour rendre le pois insensible aux insectes.
Copie adressée pour information à :
Monsieur ............, Président de la Région ............
Monsieur ............, député Européen pour ............
Monsieur ............ Maire de ............