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OGM : les mensonges de la propagande... |
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A la rubrique science, du complément « MidiInfos » de Midi Libre paru le lundi 27 septembre 2004, on pouvait lire :
Titre : « OGM, pour ou contre : le débat ».
Préambule :
« Qu’on les accepte ou les rejette, les OGM ... font partie de notre vie quotidienne, notamment de notre alimentation. ... ».
« Les scientifiques tentent de faire revenir ce débat, obligatoirement passionné, sur le champ de la raison... ».
« La biosécurité est le maître mot... ».
« Deux chercheurs montpelliérains, Philippe Joudrier, directeur de recherche à l’Inra et Pietro Pifanelli, chargé de recherche au Cirad, éclaircissent le débat... ».
Une photo du style de celle ci contre illustre l’article. Elle représente des faucheurs cagoulés se tenant par la main dans un nuage de gaz lacrymogène. Elle se situe à 300 mètres d’un champ de maïs OGM près de Valdivienne.
Avant de poursuivre sur le débat, je voudrais revenir sur cette introduction. J’y ai reproduit le caractère gras qui était appliqué dans le journal. A travers ce jeu de présentation il est signalé au lecteur que le débat est ouvert (qu’on les accepte ou les rejette), qu’il est cautionné scientifiquement (les scientifiques) dans un principe de précaution (la biosécurité)que vont nous expliquer des spécialistes (deux chercheurs montpelliérains). Le journal noie également le poisson en disant « les OGM ... font partie de notre vie quotidienne, notamment de notre alimentation. ». La signification de cette phrase, c’est que les OGM, on vous les a mis dans l’assiette sans vous le demander, alors vous n’avez rien à redire si on veut les mettre dans vos champs.
D’ailleurs, qui sont ces encagoulés de faucheurs volontaires ?
Allons y pour le débat.
« Midi Libre : La biosécurité est-elle une réalité ?
Philippe Joudrier : Elle s’applique à tous les pathogènes... En France, trois organismes évaluent et contrôlent les travaux sur les OGM : la commission du génie génétique, ... celle du génie bio moléculaire, ... enfin l’Afssa...
Pietro Pifanelli : ... Quand on travaille sur des virus, des bactéries, on doit d’abord se protéger soi même et protéger l’environnement...la biosécurité recouvre un domaine bien plus large que celui des OGM... »
Bruno Boyer : Ke za qo « la bio sécurité » ? Les moyens de s’assurer de la biosécurité existent. Les serres de niveau 4 en sont un exemple. Par contre, les essais en plein champs ne sont pas un moyen de garantir la biosécurité. En Thaïlande, des essais de papaye transgéniques ont été interrompus suite à une contamination constatée sur des plans traditionnels ( voir article ).
La loi demande que les essais en plein champs soient assurés contre les risques. Les compagnies d’assurances refusent d’assurer ces essais malgré les autorisations de la Commission du génie bio moléculaire et de l’Afssa. Comme ces compagnies, je pense que la bio sécurité est violée avec les essais OGM. Elles refusent de couvrir les risques de ces essais. Je refuse les essais en plein champs.
« Quel est l’intérêt des OGM ?
P P : les pathogènes évoluent plus vite que les plantes...l’un des intérêts des OGM est de donner des outils pour combattre ces maladies...
Ph J : Avec les méthodes d’amélioration conventionnelle des plantes, il faut 10 à 12 ans pour obtenir une nouvelle variété, sans garantie de succès... La donne a été modifiée avec l’arrivée du premier OGM... »
B B : Nous y voilà. Les OGM ont pour intérêt de traiter les maladies des plantes : FAUX.
L’analyse des 28 essais implantés en 2004 donne les résultats suivants :
| Type d’essai | Quantité |
| Herbicide | 16 |
| Insecticides | 13 |
| Etude de la lignine | 4 |
| Stress Hydrique | 2 |
| Résistance à la mineuse des feuilles | 1 |
| Assimilation Azote | 1 |
On notera que le total est de 37 au lieu de 28 car il y à 9 essais combinés (Herbicide et insecticide).
Ce tableau démontre que les semenciers ne cherchent pas à améliorer la résistance des plantes à certaines maladies. Avec 32% des essais qui sont combinés Herbicide et insecticide, 20 essais in fine qui ont une terminaison en « cide » c’est la maîtrise de la mort qui est mise en œuvre. L’intérêt des OGM n’est donc pas la résistance aux pathogènes. ( voir article ).
L’intérêt des OGM est économique. Prenons le cas des 32% d’essais combinés. Les semences sont brevetées, l’agriculteur ne peut pas conserver des semences de la récolte pour les réutiliser. Il doit racheter les semences dont il a besoin tous les ans. De plus pour traiter ces récoltes il doit acheter le désherbant et l’insecticide idoine. Ainsi, le semencier maîtrise toute la chaîne commerciale de la culture concernée.
Ph J. d’affirmer que « la donne a été modifiée avec l’arrivée des OGM » qui permettent de réduire le délai de mise sur le marché de nouvelles variétés. Délai, temps, ce critère est un critère économique.
« Existe-t-il des cas de plantes, OGM ou non, qui aient été des échecs ou donné des résultats surprenants ?
P P : ...Une variété de colza OGM portait un gène de résistance à l’herbicide. Une variété apparentée, la ravenelle l’avait acquis. Mais les études ont montré que cette résistance était naturellement abandonnée par la plante au bout de 4 ans... »
B B : . Un bel exemple de question somnifère. Existe t’il des plantes OGM ou non qui aient été un échec. Mais bien sûr que oui, dans toute expérimentation il y a des échecs. Sans quoi, les mots « expérimentation » ou « essai » n’existeraient pas.
Ici, Pietro Pifanelli ne dit pas, et je n’ai pas trouvé trace de son exemple de contamination, dans quelles conditions la ravenelle a abandonné son caractère résistant. Je m’autorise à penser que l’exposition au contaminant a du être stoppée. Si ce n’est pas le cas, la ravenelle continue à être contaminée.
Un rapport de Greenpeace Canada démontre suite à l’analyse de 8200 essais au champ que les variétés de soja OGM demandent 2 à 5 fois plus de désherbant que les variétés classiques. Une autre étude révèle qu’avant l’apparition du maïs Bt, à peine 2% des agriculteurs canadiens traitaient leurs champs contre la pyrale du maïs. Aujourd’hui, 25% des champs de maïs sont traités. Les OGM ne donnent pas les résultats annoncés.
« Essais aux champs veut-il dire dissémination ?
P P : ...En Camargue, des essais aux champs sont réalisés sur des riz portant des résistances à ... un champignon pathogène du riz. »
B B : FAUX, voici les essais implantés en France au 1er juillet 2004 par espèce. Ces données ont été recueillies sur le site du ministère de l’agriculture. Si ces informations sont fausses, alors... On veut nous cacher des informations pourtant publiques. Pourquoi ?
| Espèce | Quantité |
| Maïs | 23 |
| Colza | 2 |
| Peuplier | 4 |
| Café | 1 |
| Fétuque | 1 |
Sont comptabilisés comme essais les références d’autorisation et nom pas le nombre de parcelle qui est de 48.
De son coté Ph J ajoute : « ...Les conditions [d’essais aux champs] sont draconiennes : pas de cultures apparentées à moins de 400m...La nature a même prévu des sécurités : la durée de vie d’un pollen de maïs n’est que de 2 heures... »
B B : Petit exercice de mathématique. Quelle vitesse doit avoir le vent qui emporte un pollen de maïs pour que celui-ci parcourre 399.99m en 2h ? Réponse à l’attention de Ph J : 0.199995 km/h. Je commente ou je commente pas ? Allez, pour le plaisir, j’en rajoute deux couches.
1ère couche : La vitesse moyenne du vent en France pour le mois de Septembre est de 5.6 km/h.
2ième couche : Un rapport mexicain d’octobre 2003, fait apparaître des contaminations significatives suite à l’analyses d’échantillons de cultures de maïs traditionnel. Les analyses ont été réalisées sur 2000 plantes provenant de 138 communautés paysannes et indigènes dans 11 états. La présence de gènes transgéniques dans le maïs traditionnel à été détectée dans 33 communautés de 9 états. Les résultats vont de 1.5 à 33% de plants contaminés pour un même champ. Certains échantillons révèlent même la présence du gène Cry9c(Starlink propriété de Bayer ( voir article ) interdit à la consommation humaine.
Alors OUI, essai aux champs signifie dissémination.
« La stratégie OGM est-elle la seule pour lutter contre les maladies des plantes ? »
B B : Le journaliste insiste sur ces OGM qui luttent contre les maladies. Il faut dire qu’il est bien conditionné. Même certains représentants cantonaux de la FNSEA (syndicat agricole activiste lobbyiste) me rétorquent cet argument après celui que si on fait pas les ricains vont nous manger.
Donc Ph J de répondre : « ...les prédateurs (virus, champignons, insectes) évoluent eux aussi. Songez que la durée de vie commerciale (B.B. : le mot est lâché) moyenne d’une variété est de cinq ans et il faut alors trouver une nouvelle parade à une nouvelle menace. »
B B : Serais ce un lapsus révélateur que de parler de « menace ». Pour sûr, la résistance, la mutation des virus et des insectes va entraîner l’emploi de doses plus importantes ou de toxines plus puissantes. Dans l’alternative où la plante produit cette toxine, elle se retrouve directement dans notre assiette ou dans celle des animaux d’élevage avec les risques sanitaires que cela aura ( souvenez vous de l’amiante, de la vache folle, du gène Bt-Cry9C dit Starlink, ...). L’autre alternative c’est les traitements chimiques et dans ce cas l’intérêt de la stratégie OGM est nuisible pour l’environnement.
P P : « ...Tout ceci dépend aussi de la complexité du génome étudié : certaines plantes possèdent plusieurs génomes imbriqués, ce sera trop difficile... »
B B : Et voilà, ce qui explique pourquoi on joue les apprentis sorciers avec des désherbants et ou des insecticides au lieu de faire des essais pour lutter contre les maladies ( 1 essai implanté sur 28 en 2004 ). C’est trop difficile, donc trop incertain, donc pas rentable. Tout comme il est trop difficile d’étudier les plantes qui ont plusieurs gènes imbriqués, on n’étudie pas ou peu le « transfert horizontal de gènes » (transfert à des espèces non parentes, tels que les microorganismes, les vers de terre et les arthropodes dans le sol, insectes, oiseaux, mammifères...). Il n’y a pas d’évidence convaincante que ce transfert ne se produira pas mais une somme grandissante d’évidences que cela se produise.
L’expérience de l’agriculture biologique et traditionnelle démontre qu’un des outils les plus puissants pour contrôler les nuisibles et maintenir la fertilité du sol, est la rotation des cultures.
« Faut-il avoir peur des OGM ?
P P : Lorsque l’on a de bonnes connaissances, grâce à des recherches scientifiques longues, sur des années, il n’y a aucune raison d’en avoir peur. ...rappelons nous que le but essentiel de ces investigations est d’aboutir à des produits sûrs pour la santé humaine...Il nous faut réaliser un travail de communication pour rassurer les gens.
Ph J : On peut affirmer qu’il n’y a rien de plus sûr et de plus contrôlé qu’un OGM mis sur le marché. Aucune variété conventionnelle ne subit autant de tests...On mange tous les jours, depuis des millénaires, des végétaux qui n’ont jamais été étudiés autant... ».
B.B : « il n’y a rien de plus sûr et de plus contrôlé qu’un OGM mis sur le marché. ». cette phrase de Ph J est reprise en gras et en gros caractère au centre de l’article. Encore un bel exemple de manipulation. Le lobbyiste qui est derrière cet article dit
« allez y les gars c’est tout bon ».
Alors qu’il faut lire
« il n’y a rien de plus sûr pour ma croissance économique et de plus contrôlé par mes brevets et mon armée qu’un OGM mis sur le marché. »
Quelle question « faut il avoir peur des OGM ? ». PP et PhJ s’en sont donné à cœur joie dans l’acte mensonger et propagandiste. On retrouve dans cette question/conclusion l’esprit de l’introduction. « Nous scientifiques après avoir bien travaillé pour faire des produits sûrs pour votre santé pouvons affirmer qu’il n’y a pas de danger. D’ailleurs, ces crétins d’humains mangent des végétaux depuis la nuit des temps sans même les avoir étudiés, eux. ». Tout le discours orchestré par MidiLibre n’est que propagande et mensonge, ramassis de jugements de valeur destinés à formater le lectorat de ce journal. Faut-il avoir peur des OGM ? OUI et surtout pour tout ce qu’ils sous tendent.
P P rappelle que l’objectif est la santé humaine. Il veut parler, je suppose, des maladies inconnues jusqu’à ce jour qui sont apparues en Inde chez des paysans cultivant du coton transgénique (traditionnellement, le coton sert également à produire de l’huile pour la consommation).
Quid de l’environnement, totalement occulté du débat. Un rapport de Soil Association(Royaume Uni) sur plus de 6 années de cultures OGM aux USA et au Canada fait état par exemple pour le soja de rendements inférieurs de 6% a celui des variétés conventionnelles. Au niveau de la quantité d’herbicide utilisé, les 10% de champs OGM les plus traités requièrent 34 fois plus d’herbicide que les 10% les moins traités (cultures conventionnelles). Faut-il avoir peur des OGM ? OUI.
Quid de la biodiversité, au Canada, il n’y a déjà quasiment plus de colza bio ou traditionnel. De plus, les industries peuvent faire valoir leur droits sur les brevets. Voir l’affaire de Percy Schmeiser ( le pollué) qui a subi une contamination de son champ de colza biologique. Monsanto (le pollueur) l’a poursuivi pour usage frauduleux de son brevet. Le pollué a été condamné a verser 100.000 dollars de dédommagement au pollueur. Plus de 2000 affaires similaires sont en cours aux USA et au Canada. Ceci est une atteinte grave au droit des agriculteurs. Faut-il avoir peur des OGM ? OUI.
Lorsque des pro-OGM, font des études préalables sur la pomme de terre, nourrissent des rats et constatent des anomalies, on vole les résultats, licencie les chercheurs ( cf. affaire Putzaï en Angleterre). Lorsque en Inde, on étouffe les études révélant que des tomates OGM provoquent des ulcères à l’estomac chez le rat. Lorsque BAYER impose illégalement le Starlink interdit à la consommation humaine au travers de choux OGM. Lorsque Monsanto impose du maïs transgénique en Croatie (ouf les croates s’en aperçoivent et envoient l’armée détruire les champs). Lorsque l’état français utilise l’armée et tire des grenades lacrymogène en tir tendus, tire des grenades assourdissantes sur des citoyens qui demandent à débattre du sujet OGM. Faut-il avoir peur des OGM ? OUI.
Sachant tout ce qui précède, et sachant que les semences OGM coûtent de 25 à 40% plus cher aux agriculteurs, sachant qu’en tant que citoyen vous avez le droit de vous exprimer sur les choix de société que vont faire ces hommes que nous avons élus (je pense fortement à JC, non !!! pas Jésus Christ mais celui qui n’a pas compris les 82% de voix contre le borgne), que ferez vous demain ?
Un débat est ouvert quand tous les éléments qui permettent de se faire une opinion sur le sujet sont présentés, mis sur la table. Ces éléments sont chiffrés ou exprimés par des faits et non par des jugements de valeurs. En ces conditions, ensuite libre à chacun de faire ces choix.
bubugue
Création de l'article : 16 octobre 2004
Dernière mise à jour : 13 octobre 2004
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