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Les fauchages continueront à visage découvert |
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Le Collectif des faucheurs volontaires, à l’initiative de la destruction de parcelles d’essais de produits génétiquement modifiés, a tenu sa troisième assemblée générale, samedi et dimanche. Quelque 1 200 personnes se sont retrouvées à Cournon-d’Auvergne, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Bilan et perspectives avec Christine Thelen, agricultrice « bio » dans le Larzac.
Quel bilan tirez-vous de cette troisième assemblée générale ?
Christine Thelen. Nous avons débattu, avec plus de monde que la dernière fois, de nombreux sujets. À commencer par le prélèvement d’ADN par la police en cas de garde à vue et de condamnation, prévu dans le projet de loi (qui sera discuté à l’Assemblée à l’automne, NDLR). Certains faucheurs ont déjà été confrontés à ce problème. Lors de nos discussions, les gens étaient partagés. Nous avons décidé de soutenir ceux qui feront le choix de refuser ce prélèvement génétique. On s’expose, par ce refus, à 15 000 euros d’amende et à un an de prison. Par ailleurs, notre charte reste inchangée. Les fauchages continueront à se faire à visage découvert, de plein jour. Ou de nuit, si la présence des forces de l’ordre l’oblige. Nous estimons avoir fauché 7 parcelles sur les 17 essais autorisés cette année. Nous revendiquons toutes les actions de fauchage menées cette année, de jour et de nuit.
La récente condamnation en appel de faucheurs à Orléans, malgré l’état de nécessité reconnu en première instance, ne vous freine-t-elle pas ?
Christine Thelen. Au contraire, cela nous renforce. Ces condamnations ne régleront pas le problème des OGM. Il faut un moratoire qui permettra, enfin, de mener un vrai débat public en France, pour que chacun puisse se positionner pour ou contre les OGM en plein champ.
Le projet de loi vise à transposer dans le droit français deux directives européennes. Qu’en pensez-vous ?
Christine Thelen. Cette transposition de directives européennes n’oblige pas la France à accepter les OGM. La France peut très bien mettre en place un moratoire. Ce que la France est obligée de faire, c’est de statuer par rapport à la directive. Mais chaque État a le droit d’interdire les OGM sur son territoire. Quant au contenu du texte, il organise la coexistence des cultures OGM et non-OGM, donc la disparition des types d’agriculture biologique, de terroir, des labels rouges, etc. Nous voulons au contraire encourager une agriculture propre, avec une rotation des cultures, qui peut éliminer les problèmes que les OGM se proposent de régler.
Allez-vous diversifier votre stratégie, investir le terrain juridique ?
Christine Thelen. Notre objectif est de discuter avec les agriculteurs qui choisissent, sous la pression des lobbys semenciers, de cultiver des OGM. Nous ne voulons pas tomber dans l’affrontement entre paysans et exploitants agricoles, dont nous ne partageons pas les valeurs. En tant que collectif, nous n’intervenons pas au niveau juridique. D’autres, comme la Confédération paysanne, le font. Cela dit, nous encourageons ces démarches.
Entretien réalisé par Vincent Defait
Fima
Création de l'article : 21 juillet 2006
Dernière mise à jour : 22 juillet 2006
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P.S. On peut voir des photos de l’Assemblée Générale ici : http://lairederien.net/rubrique.php... et là : http://www.facteursdimages.com/rubr...
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