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La soja mata : Le soja tue |
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Voici la traduction d’un article paru sur le site de nos collègues
sud-américains "La soja mata" : "Le soja tue".
http://www.amisdelaterre.org/Scandale-le-soja-GM-detruit-l.html
Source :
Javier Rulli pour "La soja mata", traduction Christian Berdot,
Les Amis de la Terre http://www.combat-monsanto.org/spip.php ?article462
et Business is business:Le WWF labélise les OGM Roundup Ready de Monsanto
Label OGM responsable Honte au WWF !
9 octobre 2009 :
Le soja GM détruit l’Amérique du Sud et cherche à encaisser des "Crédits
Carbone" ! Quel rôle jouent certaines ONG ? Depuis des années, les lobbies
de l’agrobusiness s’activent dans les coulisses des négociations sur le
climat !
Alors que la quinzième Conférence des Parties (COP 15) sur les Climats,
organisée par les Nations Unies à Copenhague, approche, un nouvel accord
doit être signé pour la période post-2012. Il est de plus en plus évident
que l’agrobusiness essaye de tirer profit de l’énorme marché des crédits
carbone. Sous le terme d’ « agriculture de conservation », Monsanto et ses
autres alliés des biotechnologies ont infiltré la FAO (l’Organisation pour
l’Agriculture et l’Alimentation) et la Convention Cadre sur les
Changements Climatiques des Nations Unies (UNFCCC) dans le but d’obtenir
des crédits carbone pour l’agrobusiness.
La certification volontaire pour le soja Roundup Ready « responsable »
sponsorisé par le WWF et une nouvelle méthodologie pour les Mécanismes de
Développement Propre [1] sont deux étapes importantes pour accéder à ce
marché de trois milliards de dollars.
Article de Javier Rulli
Les propositions d’inclure l’agriculture dans les mécanismes de
compensation du carbone s’appuyent essentiellement sur les changements de
méthodes de labourage et la réduction des émissions de méthane et d’oxyde
nitreux. Toutes ces méthodes sont regroupées sous le concept général d’ «
agriculture de conservation » qui se base sur trois principes :
perturbation minimale et couverture permanente du sol, plus rotation des
cultures.
C’est avec le consentement explicite de la FAO et de l’UNFCCC, que l’on
retrouve sous le nom d’ « agriculture de conservation », des méthodes
culturales très différentes les unes des autres. En fait, ce label
recouvre toute une série de systèmes allant de l’agriculture biologique
jusqu’à l’agriculture industrielle des OGM avec « semis direct » (No-till
en anglais ou « sans labourage ») . Ce label leur permet d’être certifiées
comme durables et de prétendre ainsi à l’obtention de crédits carbone.
Le « semis direct » est une technique qui permet de ne pas labourer, ni de
creuser le sol. Les graines sont semées en rayon. D’une façon générale, le
semis direct est considéré comme une pratique favorable à l’environnement,
qui accroît le taux de matière organique dans le sol et réduit son
érosion. Par contre, dans le cas des monocultures industrielles de soja
Roundup Ready, une partie de cette technique est utilisée en conjonction
avec d’autres pratiques très préjudiciables pour l’environnement.
En fait, des crédits carbone pour le « semis direct » représenteraient un
soutien économique massif pour les monocultures de soja modifié
génétiquement (GM) en Amériques du Nord et du Sud et soutiendraient la
promotion de ce type d’agrobusiness dans d’autres régions de l’hémisphère
Sud.
Les monocultures de soja GM sont un modèle de production qui n’est en
aucune façon durable. En Amérique du Sud, la production de soja de ce type
est un des principaux facteurs de la déforestation, du changement
d’affectation des sols, de la destruction de la biodiversité et des
violations des droits humains. De plus, ces plantations sont à la base de
l’industrie des aliments pour animaux qui est aussi une des principales
causes des changements climatiques.
Le fait de labelliser cette agriculture comme « durable », simplement
parce qu’elle implique moins de labourage, c’est tomber dans un
réductionnisme absurde et aveugle. Le rapport « Agriculture et changements
climatiques : problèmes réels et fausses solutions », publié en 2009,
présente les principales propositions concernant l’agriculture, pour un
accord sur le climat post-2012. On y trouve un panorama d’informations sur
l’impact réel qu’ont sur les climats, les pratiques agricoles actuelles et
celles proposées pour l’accord après-Kyoto. Dans cet article, cependant,
nous voulons nous concentrer spécifiquement sur quelques cas concernant
les monocultures de soja.
Soja GM : contrôle chimique des mauvaises herbes et « semis direct » En
Amérique du Sud, 41 millions d’hectares sont cultivés en soja. Une
proportion croissante de cette culture utilise des semences modifiées
génétiquement, les sojas Roundup Ready (RR) sous brevet Monsanto.
L’Argentine, le Brésil et le Paraguay sont en tête de liste des 7 pays
produisant du soja GM dans le monde.
Aujourd’hui, la méthode la plus utilisée avec le soja Roundup Ready est la
technique du « semis direct ». Cette technique combinée à la tolérance à
un herbicide conférée par transgénèse, a rendu possible l’expansion et
l’intensification de la production, tout en réduisant les coûts de main
d’oeuvre. La culture a pu être étendue à des sols sur lesquels il n’était
pas possible de produire auparavant.
Pour l’agrobusiness, l’utilisation combinée des sojas GM et du « semis
direct » est un succès économique. Lorsque le glyphosate est répandu sur
les monocultures de soja, toutes les plantes meurent sauf le soja GM, ce
qui simplifie beaucoup le travail lié au contrôle des mauvaises herbes. Le
désherbage mécanique (avec l’utilisation de charrue) est remplacé par le
désherbage chimique. Par contre, le « semis direct » rend indispensable
l’utilisation d’herbicides pour désherber : en fait la meilleure façon de
désigner cette méthode agricole devrait être « semis direct chimique ».
L’association des monocultures de soja RR et du semis direct ont entraîné
une augmentation exponentielle des volumes globaux de pesticides utilisés
ainsi que des millions de dollars de profit pour les industries des
semences et de la chimie. L’échelle de production est passée à des
monocultures de milliers d’hectares, nécessitant un minimum de
main-d’oeuvre (2 personnes pour 1000 hectares), la gestion des mauvaises
herbes ne reposant plus que sur des machines et des avions pour épandre
les pesticides.
L’expansion du soja RR provoque une contamination massive, du fait de
l’utilisation intensive des pesticides. Elle provoque une perte de
biodiversité importante, mais, dans des pays comme l’Argentine ou le
Paraguay, les habitants doivent vivre aussi dans des conditions de «
guerre chimique ». Des études menées dans ces deux pays montrent que, dans
les zones de production du soja, les taux de malformation sont plus
élevés.
L’agrobusiness pousse pour faire labelliser le « semis-direct » Selon le
dernier communiqué du "Grupo de Reflexión Rural", intitulé « Crédits
carbone pour les système de semis direct et de monoculture de soja »,
l’AAPRESID - l’association des agriculteurs argentins pratiquant le semis
direct - a avancé la possibilité d’inclure le semis direct dans les
Mécanismes de Développement Propre. C’était lors d’une réunion qui a eu
lieu en 2005 entre le ministre de l’Environnement, Atilio Savino, le
responsable du bureau argentin des Mécanismes de Dévelopement Propre,
Hernan Carlino et les représentant des principaux producteurs de soja et
de l’industrie.
L’AAPRESID est une des principales plateformes d’agrobusiness et fut
fondée en 1998 sous le contrôle de Monsanto. Parmi les autres membres, on
compte BASF, Syngenta, Bayer, Dow et de nombreuses autres entreprises
importantes.
Le lobbying de l’AAPRESID pour obtenir des subventions « climat » n’est
pas surprenant puisque actuellement en Argentine, près de 17 millions
d’hectares sont cultivés avec du soja GM en semis direct, ce qui
représente 20% de la surface mondiale. L’Argentine joue un rôle clé sur la
scène internationale, lorsque les thèmes biotechnologies et agrobusiness
sont abordés.
C’est Lorenzatti, le coordonateur général de l’AAPRESID qui a commencé à
développer l’idée d’une certification environnementale, basée sur les
systèmes agricoles avec semis direct. Depuis lors, l’AAPRESID a poussé
activement en faveur de ce projet, lors d’événements liés à la FAO, comme
le « Congrès International de l’Agriculture de Conservation », en y
présentant le « Miracle du semis direct en Argentine », sans bien sûr
mentionner ni le soja, ni les OGM, ni les pesticides et encore moins
l’étendue des dégâts sociaux et environnementaux que les monocultures de
soja ont infligé à la région.
C’est sous sa présidence en 2008, que l’AAPRESID a officiellement lancé le
nouveau programme d’Agriculture Certifiée (AC) qui, selon elle, est conçu
pour « améliorer la gestion des exploitations et optimiser l’efficacité
des ressources utilisées ». Le programme est un protocole pour
l’Agriculture Certifiée, basé sur un système de « Bonnes Pratiques
Agricoles ». Le protocole est la première étape d’une série de « Services
Environnementaux » auxquels les producteurs de soja peuvent participer.
Pour l’instant, ce programme se concentre sur l’Argentine, mais a vocation
à devenir un fournisseur mondial de services. Par l’intermédiaire du label
AC (Agriculture Certifiée), l’AAPRESID développe une entreprise de
certification qui pourra, dans le futur, avoir qualité de contrôleur
national pour les Mécanismes de Développement Propre.
Le lobbying de l’AAPRESID et de son entreprise « Agriculture Certifiée »
est intense au niveau international, comme, par exemple, lors de la
conférence de l’Union européenne, intitulée « Changements climatiques : le
sol peut-il faire la différence ? ». Cette conférence avait lieu à
Bruxelles, en juin 2008, et était organisée par Mr Stravos Dimas,
commissaire à l’Environnement, et Mr Luc Gnacadja, secrétaire général, aux
Nations Unies, de la Convention pour la lutte contre la Désertification
En 2007, Carlino devint le président du comité exécutif des Mécanismes de
Développement Propre (MDP) jusqu’en 2008. Il n’oublia pas les orientations
de l’AAPRESID et ce fut durant la 13ème Conférence des Parties (COP13) à
Bali que les crédits carbone pour le semis direct furent mentionnés pour
la première fois. En plus, durant son mandat en 2007, la première
méthodologie à petite échelle pour ces MDP fut approuvée et incluait la
production de soja. Le projet consistait à inoculer aux semences de soja
des bactéries fixant l’azote, afin de diminuer l’apport en engrais. Ce
projet était développé par Becker Underwood. Les premières mesures allant
vers une certification des monocultures de soja étaient prises.
Par inoculation, on entend l’insertion artificielle de la bactérie
Rhizobia dans la semence. Les Rhizobia sont des bactéries du sol qui
fixent l’azote de l’atmosphère, après s’être établies à l’intérieur des
nodules racinaires des légumineuses (fabacées). De cette façon, les
légumineuses enrichissent le sol après la récolte, d’importantes quantités
d’azote restant dans le sol, disponibles pour la culture suivante. Comme
le soja n’est pas une espèce originaire d’Amérique du Sud, les semences
doivent être traitées artificiellement avec la bactérie afin de fixer
l’azote. L’azote est l’élément nutritif le plus commun dans de nombreux
sols et est généralement fourni par les engrais.
L’utilisation d’engrais a cependant des conséquences environnementales
graves.
Toujours en 2007, Monsanto rejoint la Bourse des Changements Climatiques
(Climate Change Exchange ou CCX). Il s’agit du seul programme volontaire
nord-américain, avec des réductions des émissions de gaz à effet de serre,
légalement contraignantes, et qui procède à l’enregistrement et à la
commercialisation. D’après Carbon Trade Watch, cette compagnie est une des
bourses d’échanges les plus influentes dans le monde. CCX a été développée
par 28 grandes entreprises comme Ford, DuPont ou BP Amoco. Monsanto n’a
pas pour but de gagner des crédits carbone en entrant sur le marché. Son
principal objectif est de développer « des produits qui aident les
agriculteurs à pratiquer le labourage de conservation et à augmenter leurs
rendements pour satisfaire les besoins croissants en nourriture des
humains et de l’élevage, tout en conservant ou même en améliorant
l’environnement ».
Monsanto a, dans ce but, établi une plateforme mondiale de traitement des
semences, passant deux accords séparés, l’un avec Becker Underwood et
l’autre avec Plant Health Care Inc, afin de fournir des traitements
brevetés de semences, pour le maïs, le soja et le coton. Monsanto projette
de proposer les traitements de semences dès la saison 2009 et de traiter
tous les sojas Roundup Ready 2 Yield avec cette bactérie qui fixe l’azote.
L’entreprise projette aussi de travailler pour trouver une solution pour
le traitement de ses semences pour son coton Deltapine et son maïs Smart
Stax dans les années qui viennent.
La même année en octobre, la FAO et le Centre d’Information sur les
Technologies de Conservation organisaient aux Etats-Unis, avec le support
technique de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques, une « Consultation sur l’Agriculture de Conservation comme
Compensation Carbone ». La discussion portait sur l’intégration des
activités agricoles dans le marché du carbone. Le Centre d’Information sur
les Technologies de Conservation est un centre de recherches agricoles qui
comprend parmi les membres de son conseil, des acteurs de l’industrie
comme Monsanto, John Deere, l’ONG The Nature Conservancy, l’Institut des
Engrais (Fertilizer Institute), ou bien encore Syngenta et CropLife
America.
Dans le rapport concluant la consultation, on peut trouver sous la plume
de Theodor Friedrich de la FAO et de Karen Scanlon du Centre d’Information
sur les Technologies de Conservation une reconnaissance indirecte de
l’agriculture intensive industrielle. Même si elle ne mentionne pas
directement les biotechnologies, on y trouve en effet cette phrase : «
Etant donné que de plus en plus de personnes dépendent d’agriculteurs de
moins en moins nombreux, il est impératif que chaque exploitation, non
seulement contribue à l’approvisionnement mondial en nourriture, humaine
et animale, en fibre, en combustibles, mais encore qu’elle joue un rôle
essentiel en s’attaquant aux changements climatiques ».
Le document se termine par un appel aux organisations agricoles, aux ONG
environnementales, aux banques internationales de développement et aux
gouvernements des pays pour « mobiliser leurs ressources dans le but
d’influencer la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques. Le but est qu’elle inclue l’agriculture de conservation en
tant qu’option viable dans la lutte contre les changements climatiques et
que celle-ci soit qualifiée pour les mécanismes du marché du carbone dans
les négociations post Kyoto ».
En 2008, le Congrès états-unien présentait une nouvelle loi Climat qui,
d’après un analyste du marché du carbone, était généralement considérée
comme « le déclenchement de la prochaine ruée d’investissements pour faire
passer le marché à la vitesse supérieure ». La nouvelle loi Climat ouvre
grand les portes pour les compensations agriculture. Un avantage
supplémentaire est que l’organisme de régulation traditionnel, le
Ministère de la Protection de l’Environnement états-unien est maintenant
remplacé par le Ministère de l’Agriculture.
Si les conditions de la Conférence des Partis pour signer l’accord post
2012 incluent l’agriculture comme compensation carbone et suivent le
modèle états-unien, ce serait une bouée de secours financière pour
l’agrobusiness après la crise financière. Comme le notait le "Grupo de
Reflexión Rural" dans son communiqué, on s’attend à ce que « la
spéculation financière, qui est actuellement en crise, suite à la débâcle
des subprimes, se recycle par l’intermédiaire des Crédits Carbone et des
nouvelles opportunités qu’il va offrir ».
La première méthodologie des Mécanismes de Développement Propre (MDP) : un
cadeau à Becker et Monsanto
En juillet 2009, la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques approuva finalement la première méthodologie pour les MDP. Ce
projet élimine l’utilisation des engrais sur les légumineuses lors d’une
rotation culturale légumineuse-herbe. La méthodologie agricole s’appuie
sur la technologie de fixation de l’azote, brévetée par Becker.
Cette technologie fut développée par Amson Technology LC, une firme de
consulting dans la réduction des gaz à effet de serre et la durabilité,
Becker Underwood Inc et Perspectives GmbH, une société Point Carbon,
fournisseur de solutions de marché de réduction des gaz à effet de serre
de grande qualité. Un document préparatoire de la méthodologie montre que
tout le document est orienté vers la rotation soja-maïs et se base sur la
méthodologie développée précédemment dans les projets de Becker au Brésil.
Le communiqué du "Grupo de Reflexión Rural" questionne le caractère
innovatif de cette méthodologie : « Qu’auraient à faire, dans un futur
proche, les producteurs de soja en Argentine pour ajouter à leurs déjà
énormes profits, les Crédits Carbone ? En fait et de manière surprenante,
rien de plus que ce qu’ils n’aient fait depuis durant ces treize dernières
années... ».
Est-ce que cette nouvelle méthodologie des Mécanismes de Développement
Propre va être approuvée ? Un mois plus tard, Monsanto signait un accord
en Argentine, avec l’AAPRESID pour rejoindre le Système d’Agriculture
Certifiée.
D’après Bernardo Calvo, président de Monsanto pour les Amériques Centrale
et du Sud, cette démarche fait partie de l’Engagement pour une Production
Durable (Sustainable Production Commitment) de Monsanto pour 2030, année
où la compagnie projette de doubler les rendements de production et de
diminuer simultanément l’utilisation des ressources naturelles.
Plateforme d’écoblanchiment
La Table Ronde sur le Soja Responsable (RTRS) est une large coalition
comprenant de grands groupes industriels et des groupes
environnementalistes comme le WWF. Depuis 2004, elle essaye de développer
une série de critères « durables » pour la production intensive en
monoculture du soja en Amérique du Sud. Les critères de la Table Ronde
n’excluent pas les OGM, ce qui n’a rien d’étonnant puisque Monsanto et
Syngenta l’ont rejoint en février 2009.
Ces dernières années, le WWF a aussi fondé la Table Ronde sur l’Huile
Palme Durable (RTSO), l’Initiative pour une Meilleure Canne à Sucre (BSI)
et la Table Ronde sur les Biocarburants Durables (RTSB). Le WWF joue un
rôle clé en permettant aux plus grandes sociétés de l’agrobusiness de se
donner un semblant de responsabilité sociale et environnementale et en
leur permettant d’écoblanchir la production de matières premières
mondiales (souligné par le traducteur).
Ces initiatives ont aussi pour but de détourner, de fausser et d’affaiblir
les accords politiques internationaux. Les critiques contre la Table Ronde
pour le Soja Responsable sont largement reprises au sein des mouvements
sociaux et écologistes en Amérique du Sud. Aucun de ces mouvements ne
participe à cette Table Ronde.
Action au siège de WWF Pays-Bas
Le dompteur Monsanto fait danser le Panda WWF...
Début 2009, après la 4ème Conférence de la Table Ronde sur le Soja
Responsable, on peut lire dans la déclaration de Campinas qu’un des
premiers objectifs en est la réduction des gaz à effet de serre. Les
critères de durabilité comprennent des directives sur les bilans carbone
des exploitations en liaison avec l’utilisation de combustible et la
qualité du sol (en tenant compte de l’agriculture de conservation, la
rotation des cultures et une fertilisation équilibrée). Les critères de la
RTRS ont servi de cadre pour les critères de l’ "Agriculture Certifiée" de
l’AAPRESID. Et l’AAPRESID est aussi membre de la... RTRS.
En juin 2009, un communiqué de presse de la RTRS, la Table Ronde sur le
Soja Responsable, mentionnait pour la première fois des crédits carbone en
liaison avec les forêts et la protection du sol. Pour Jason Clay, l’expert
agricole du soja qui dirige le travail du WWF avec les marchés
internationaux : « Le challenge maintenant est de trouver les mécanismes
pour récompenser les agriculteurs qui protègent les forêts et les sols en
leur permettant de vendre des crédits carbone à côté de leur soja ».
Pour lui, « C’est une situation gagnant-gagnant. Les forêts et les sols
sont protégés, les producteurs ont une source de revenus supplémentaire et
les grossistes et propriétaires de marques peuvent maintenant acheter du
soja responsable comme un moyen de diminuer leur empreinte carbone. Cela
change la nature même du soja et en fait un tout nouveau type de produit
»(Souligné par le traducteur). Auparavant, Clay avait promu « la rotation
culture intégrée x bétail avec Zéro labourage » dans la région amazonienne
comme un moyen de diminuer la déforestation, mais récemment il a changé de
discours et a commencé à parler de crédit carbone.
Pour finir, le lobby des biotechnologies est prêt pour Copenhague et il
semble bien qu’il ait un ordre du jour proche de celui des grands groupes
environnementalistes. Dans un document récent de l’association
états-unienne de lobbying des biotechnologies, BIO, un des objectifs
surprenants était de chercher à collaborer avec le WWF. D’autres points à
aborder dans le nouveau traité sur le climat, sont les menaces concernant
les enjeux liés à la propriété intellectuelle.
Quand aux avantages, il peut s’agir du potentiel d’aides et de subventions
pour les fournisseurs de biotechnologies et des incitations
gouvernementales pour le développement international des biotechnologies.
Les recommandations incluent aussi, ce qui ne surprendra personne, une
collaboration étroite avec les Etats-Unis et les gouvernements amicaux.
Avant que la 15 ème Conférence des Parties ne se tienne, il y a encore
beaucoup à rechercher et révéler sur la course de l’agrobusiness pour
accéder au marché des crédits carbone.
Il est cependant urgent qu’un débat critique commence aussi entre
organisations et autres mouvements, afin qu’une stratégie d’action et un
message clairs, forts et sans concession se dégage contre « l’offensive
climatique » de l’agrobusiness. En ce moment les slogans des mouvements
sociaux comme « La petite agriculture durable refroidit la terre »
pourraient s’avérer ne pas être suffisants pour contrer l’avance massive
de la machinerie de l’agrobusiness sur la scène des changements
climatiques. Il est nécessaire d’identifier et de dénoncer les acteurs du
lobby des multinationales comme Monsanto et les autres entreprises de
biotechnologies.
Mais il est aussi important de mettre en lumière le rôle que jouent les
grandes ONG environnementalistes, comme le WWF (Fond Mondial pour la
Nature), le TNC (The Nature conservancy), l’UICN (l’Union Mondial pour la
Nature) [2] dans ces processus multipartites sur la Responsabilité Sociale
des Entreprise et de renforcer leur rejet » (Souligné par le traducteur).
[1] [Principe du MDP : Un Etat ou une entreprise de l’Annexe I (pays
développés) investit dans un projet de réduction des émissions de gaz à
effet de serre (GES) dans un pays en voie de Développement (PED). En
échange des réductions constatées, un volume équivalent d’Unités de
Réductions d’Emissions Certifiées (UREC, Certified Emission Reduction) lui
est délivré. Cet investisseur pourra vendre ces Unités sur le marché ou
les déduire de ses obligations internationales de réduction.
[2] Alors que pendant des années les associations se sont opposées au
projet inutile de l’A65 (Bordeaux-Pau), aujourd’hui le Conseil Régional
d’Aquitaine crée un "Fond carbone" pour compenser. Compenser quoi ? La
fonte de la banquise ? L’avancée des déserts ? Toujours est-il, qu’il y a
toujours une ONG écologiste pour donner crédit à ces pantalonnades...
Extrait du journal local : "Cette manière de rembourser la « dette
écologique » de l’autoroute a suscité l’intérêt de l’Union internationale
pour la conservation de la nature (UICN). Une organisation qui regroupe
des gouvernements, des ONG et des experts bénévoles répartis dans 160
pays. Hier, Sebastian Winkler, son directeur général Europe, a signé, en
Béarn, une convention associant Eiffage au programme « Compte à rebours
2010 » qui est destiné à lutter contre la perte de la biodiversité dans le
monde. Cette initiative découle du sommet mondial sur le développement
durable organisé en 2002 à Johannesburg. " L’UICN n’en sort vraiment pas
grandie !
Source : Javier Rulli pour "La soja mata", traduction Christian Berdot,
Les Amis de la Terre
http://www.combat-monsanto.org/spip.php ?article462
MaTthieu
Création de l'article : 17 octobre 2009
Dernière mise à jour : 17 octobre 2009
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