| Communiqué de presse de Dominique Voynet |
Nous avons reçu ce texte :
Mercredi 8 février 13 H Communiqué de presse
Le 7 février, un sondage commandé par Agir pour l’Environnement nous apprend que 78 % des Français souhaitent une interdiction des cultures OGM.
Le 8 février, le gouvernement adopte en Conseil des ministres un projet de loi, préparé dans le secret des cabinets, qui tourne le dos à leurs attentes.
Cherchez l’erreur !
Que propose le texte ? Une banalisation des cultures d’OGM en plein champ, autorisées sans déclaration préalable, au mépris des risques de contamination de cultures non OGM. La mise en place d’un fonds de garantie géré par l’Etat, puisque aucun assureur n’accepte de couvrir ce type de risque. Un rappel à l’ordre, avec un alourdissement des peines qui frappent les faucheurs volontaires, dont le combat est pourtant aujourd’hui reconnu par les tribunaux.
Le projet de loi ne répond à aucune des questions qui intéressent les citoyens. Comment garantir la liberté de choix des consommateurs ? Comment empêcher la pollution par les OGM des cultures voisines ? Comment justifier la fixation du « seuil de contamination » à 0,9 %, puisque le seuil de détection scientifique actuel est de l’ordre de 0,1% ? Qui donc compensera la perte économique des agriculteurs commercialisant leurs produits dans des circuits qui excluent les OGM : labels biologiques, labels fermiers, labels rouges ? Qui paiera ? L’obtenteur de la semence ? L’importateur ? La coopérative qui aura (mal) conseillé l’agriculteur ? L’agriculteur lui-même ? L’Etat, qui aura autorisé l’inscription de la semence au catalogue ? Et donc, le contribuable ?
La réponse est dans le projet de loi : l’Office des Grandes Cultures sera financé un peu par les céréaliers cultivant les OGM, et beaucoup... par l’Etat ! En clair : les contribuables, qui refusent les OGM, devront payer les dégâts faits par les plus productivistes, au mépris du principe pollueur payeur, dont les rédacteurs du projet de loi n’ont apparemment jamais entendu parler !
Les consommateurs ne sont pas idiots : ils veulent manger, bon, sain et sûr. Et donc, ils ne veulent pas d’OGM. Le gouvernement ne les a pas écoutés. Que faudra-t-il donc faire pour qu’il nous entende ?
Dominique VOYNET
Ancienne ministre de l’Environnement - Les Verts