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"Construire un monde solidaire" devant le juge d’instruction

Le 20 octobre, "Construire un monde solidaire" était convoqué par le juge d’instruction de Riom (Puy-de-Dôme) dans le cadre d’une procédure ouverte par le procureur sur les faits de "participation à association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans."

La plainte "contre X pour association de malfaiteurs" (rien que ça !) avait été déposée en juin 2005 par Limagrain et Biogemma, des firmes semencières apparemment quelque peu énervées de voir leurs essais OGM en plein champ neutralisés par les "Faucheurs"...

L’enquête est aujourd’hui bouclée... et le dossier est bien rempli (environ 1.200 pages) : transcription d’écoutes téléphoniques, copies des comptes bancaires, photos et vidéos prises par les enquêteurs, rapports d’inspecteurs des RG (l’un d’entre eux aurait séjourné sur le Larzac pendant 15 jours cet été...), documentations diverses (tracts, affiches), etc., etc.

La convocation reçue au bureau de l’association était adressée au président. Mais chez nous, il n’y en a pas. Nous décidons, agissons et assumons collectivement. C’est donc l’ensemble des membres du bureau qui s’est rendu à Riom.

Mais notre comparution devant le juge d’instruction a tourné court. Une fois de plus, mais là sans l’avoir vraiment prémédité, on perturbe : la justice n’a pas prévu notre cas, celui d’une association qui n’est pas représentée par une seule personne... mais par neuf ! C’est pas dans le code pénal, donc savent pas quoi faire... Le juge n’a donc pas voulu nous interroger, malgré notre insistance à vouloir lui répondre, surtout sur un tel chef d’accusation !

Et maintenant ? Le juge fait suivre au président du tribunal, qui choisit : tirage au sort d’un représentant parmi les neuf, ou nomination d’un mandataire extérieur à l’association (ce qui est peu probable dans ce cas de figure : une personne ne connaissant pas les rouages de "Construire un Monde Solidaire" ne pourra pas répondre aux questions précises du juge et l’instruction de la plainte resterait donc bloquée, ce qu’"ils" ne veulent pas).

Autre solution : nous désignons nous-mêmes un représentant parmi nous, juste pour cette affaire (on ne va pas s’asseoir sur notre principe de collégialité !). Cela permettrait de faire avancer l’instruction et éventuellement de relever le défi de l’inculpation.

En effet, pour l’instant, on ne sait pas vraiment ce que la "justice" compte faire. Une plainte a été déposée, le procureur est obligé de la recevoir et le juge d’instruction est obligé... d’instruire. Ce n’est qu’après que l’on saura : à la vue du dossier, la "justice" décide d’abandonner... ou de continuer (inculpation, procès, gna gna gna).

Le bureau de "Construire un monde solidaire" se réunit le 23 octobre pour définir une position, qu’il soumettra à l’assemblée générale extraordinaire des adhérents, le 6 novembre.

Affaire à suivre... Restez à l’écoute... On n’entend pas encore le bruit des bottes, mais ça se rapproche...

Gilles Gesson, 26 octobre 2006