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Face à la répression néolibérale, quelle forme d'action ?

Un mouvementheureux etjoyeux,souhaitait François Dufour en ouverture du Rassemblement.Et bien le forum animé par Daniel Mermet sur le néolibéralisme etla répression quil conduit, a dû le combler de satisfaction.La foule des grands jours pour suivre avec concentration, enthousiasme et non sans esprit critique les différentes interventions.

François Roux,l'avocat de Bové et co-initiateur des Accords de Nouméa avec Djibaou, est revenu sur le ferment du succès des 103 du Larzac, à savoir le devoir de résistance par l'action non-violente. Et de rappeler quelques principes fondamentaux de ce type d'action pas toujours très comprise : respecter l'adversaire, ne s'attaquer qu'aux biens ; instaurer un rapport de force dans la transparence ; privilégier l'esprit de fête,des relations conviviales entre les militants. Atlast but no least, assumer la responabilité de ses actes. Renvoi des livrets militaires, arrachage de plants OGM, jeûne, autant de formes d'actions largement connues mais qui posent néanmoins la question lancinante : la non-violence n'est-elle pas limitée dans ses effets ? François Roux y répond par une autre question non moins pertinente : Les actions violentes n'ont-elles pas démontré leurs propres limites ? Agir de manière non-violente ne signifie pas être passif, mais se mettre résolument debout pour résister avec ces principes._

Comment répondre aux stratégies de peur et de criminilisation des pauvres et des militants adoptées par les tenants du néolibéralisme (gouvernants et entreprises, François Roux a su placer le débat sur le terrain de l'engagement dans l'action civile non-violente. Les intervenants suivants ont rejoint cette position tout en l'enrichissant de références et d'expériences très diversifiées._

Le représentant du Syndicat de la magistrature a vilipendé les politiques de droite comme de gauche qui ont remplacé les contrats locauxde prévention par les contrats de sécurité. L'augmentation des comparutions immédiates caractérise ce déni de justice au profit du tout sécuritaire qui prévaut aujourd'hui.-

Pour Jean-Claude Amara de Droit Devant, le corollaire de cette politique calquée sur les USA est le tout caritatif, vieille lune des classes nanties. Et de réclamer l'alliance de tous les salariés avec les "sans"._

La jonction des luttes est devenu le mot d'ordre au fil des interventions que ce soit pour lutter contre Total en Birmanie qui collabore avec le régime militaire pour mater toute opposition, ou pour changer nos regards sur les quartiers dits sensibles et les réfugiés pourchassés par les brigades de Sarkozy._

Face à la criminilisation des pauvres et des activistes, la mobilisation dans l'unité est plus aue jamais nécessaire selon José Bové qui "a éprouvé les choses" lors de sa détention. Loin d'en faire un simple objet de souffrance personnelle, le leader syndical a insisté sur la négation totale et globale de la personne détenue et non plus de sa simple liberté. Et de conclure sur la vague de répression qui touche les "sans terre" au Brésil, les responsables syndicaux et autres paysans d'Amérique latines._

Les fronts de répression se multiplient, il est de notre devoir absolu de résister pour reprendre l'appel de François Roux._

Pouir le Monde solidaire : Marc Houvet

Reporter web, 9 août 2003