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2. Arrivée a Cancùn. Toutes premières impressions...

Ca y est,nous y sommes
Escale a Miami
Contrôle de fou
La suspicion est généralisée
A l'absurde
Même pour un simple changement d'avion, passage obligatoire par le service d'immigration
Fichage.

L'arrivée à Cancùn est plus... anarchique
Bien que Gilles ait eu chaud !
Trop rebelle ce Gilles ! Hé ! On n'est pas sur le Larzac !
Il a osé contredire un policier à la douane et s'est retrouvé au poste
Attente... puis petite leçon de morale : "C'est pas à vous de faire la loi chez nous !"... Nous, non bien sûr... mais l'OMC ?

Bref
Cancùn.
Ambiance moite
Dans tous les sens du terme.
Nous sommes parmi les tous premiers arrivants. Il faut dire que les "festivités" commencent le 8.
A l'aéroport déjà, un guichet encore vide :
"World Trade Organization
Welcome to Cancùn"

Nous retrouvons une "activiste" française qui arrive par l'avion suivant.
La longue avenue qui relie l'aéroport à Cancùn est régulièrement parsemée de groupes de policiers mexicains. Pour l'instant plutôt oisifs.
Mais le ton est donné.
Comme d'habitude, le sommet de l'OMC sera sous contrôle. Mais pas question de contrôle citoyen ! A nous de l'imposer !

Et, alors que nous cherchons à nous renseigner pour loger dans une auberge de jeunesse, on nous arrête immédiatement avant l'entrée. La raison : celle-ci est réquisitionnée pour héberger des dizaines (centaines ?) de jeunes policiers.
Des gamins ! Affublés d'uniformes trop grands pour eux et qui donnent l'air de ne pas bien savoir ce qu'ils font là.
Ils sont des dizaines autour de nous. Drôle de spectacle.

Et toujours cette moiteur, chaleur étouffante.
Cancùn est bien cette ville qu'on avait imaginée.
Grand boulevard entouré d'hôtels qui se sont approprié le bord de mer... et dont ils interdisent l'accès aux Indiens...

Le soir, rencontre avec Roque, mexicain d'origine maya.
Sa famille est originaire de Chichen Itza, la plus grosse cité maya du Yucatan à une centaine de km d'ici.
Il travaille à Cancùn pour les touristes : pêche, plongée sous-marine.
Il est au courant du sommet de l'OMC et, pour commencer,nous parle surtout des retombées "touristiques".
D'ailleurs, les tarifs ici sont montés en "haute saison"
Il faut dire qu'environ 8 000 personnes peuvent débarquer pour le sommet, sans compter les journalistes, les activistes, manifestants,...
En creusant un peu, il s'avère que Roque est conscient à sa façon des répercussions des décisions de l'OMC sur son pays et notemment celles des Etats-Unis.
Roque nous parle en "bad" ou "good".
L'argent, le business qui se fait aux détriments de la très grande majorité des Mexicains, pour lui, c'est "bad".
Il rappelle que ses grands-parents marchent pieds nus, sur la terre. Qu'ils vivent avec la lune, les étoiles, la nature.
Et que ça, c'est "good".

Au programme des prochains jours, 8, 9 et 10 septembre : forum paysan et indigène sur la souveraineté alimentaire, l'un des gros enjeux de la Conférence Interministérielle, à l'inititative de Via Campesina et de l'UNORCA.
Pour plus de détails sur ces enjeux, consulter le site de l'Unité de Recherche, de formation et d'Information sur la Globalisation ainsi que le site de l'Institut pour la Relocalisation de l'Economie.
Le 7 septembre devrait partir une marche de paysan du Chiapas sur Cancùn. On attend des nouvelles...

D'ici 2, 3 jours, la ville va se transformer. Les Check-points vont se mettre en place.
Les "activistes" aussi.
Il va falloir se justifier :
-  "Qu'est-ce qu'on fait là ?"
-  " Qui on est ?"

Une "liste noire" d'intellectuels anti-globalisation a été dressée...
Quand les intellectuels sont suspectés, c'est jamais bon.
Leur soi-disant jargon d'experts, ils ont trop peur qu'il soi décrypté publiquement.
Et les "activistes" sont là pour ça.
Des grains de sable dans l'engrenage qu'ils s'évertuent à huiler, huiler, sommet après sommet.

Mais les grains de sable, il en manque encore pour stopper la machine...

Vendredi 5 septembre

Catherine, 6 septembre 2003