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Encore un peu plus contre la démocratie |
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PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE.
Paris, le 10 avril 2006.
COMMUNIQUÉ.
Sur proposition du Premier ministre et après avoir entendu les Présidents des groupes parlementaires et les responsables de la majorité, le Président de la République a décidé de remplacer l’article 8 de la loi sur l’égalité des chances par un dispositif en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté.
Le Premier ministre s’exprimera à ce sujet à 10 h 30 de l’Hôtel Matignon.
source : http://www.elysee.fr
Au-delà de la satisfaction affichée par les syndicats — un peu hâtivement à mon goût, il vaudrait mieux attendre de voir par quoi ils vont remplacer le cpe —, je m’interroge : depuis quand le président a-t-il le pouvoir de remplacer un texte de loi ? Je croyais que la constitution de la V° République distinguait les pouvoirs législatifs et exécutifs, et que le Président était le chef de l’exécutif.
Comment qualifie-t-on un régime où le pouvoir législatif est exercé par l’exécutif ? une dictature, non ? Eh bien nous y sommes : Chirac ne se donne même plus la peine d’y mettre les forme — il aurait pu dire « le Président de la République a décidé de demander au Parlement de remplacer(...) ». Mais non, c’est inutile, on sait mainenant que Chirac a décidé d’écrire les lois, selon son humeur de ne pas faire exécuter celles qu’il promulgue, etc.
Comment qualifie-t-on un régime où les lois sont dicutées non au parlement mais au siège du parti dominant ?
Ajoutez-y l’habitude de plus en plus fréquente des arrestations préventives — c’est-à-dire celle d’arrêter des gens qui n’ont rien fait de répréhensible, mais dont la police pense qu’ils pourraient le faire, ou du moins faire quelque chose qu’elle (la police) jugerait répréhensible, et ajoutez-y aussi la passivité avec laquelle les citoyen(ne)s français acceptent ça ... [1]
Notes
[1] je me souviens qu’en 1968, les interventions policières sur le campus de Nanterre, puis dans la Sorbonne mirent le feu aux poudres et furent vécues commes scandaleuses par le monde universitaires ; aujourd’hui, combien d’enseignants refusent d’accepter placidement la présence permanente de la police dans les lycées ? Combien déclarent ouvertement que si les gamins se font matraquer, c’est « qu’ils l’ont bien cherché » ? Combien de Français trouvent anormal de s’opposer aux décisions du pouvoir, parce que le pouvoir est ... le pouvoir, et qu’on doit lui obéir ?
Fima
Création de l'article : 12 avril 2006
Dernière mise à jour : 10 avril 2006
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Encore un peu plus contre la démocratie
19 juillet 2006, par
Je suis tout à fait d’accord avec le fond de l’article, à savoir le fait que nous sommes sous un régime s’apparentant à une dictature. Les dictatures, partout où elles existent, défendent le capital, que ce capital soit des matières premières ou des sites touristiques (qui, en quelque sorte, en sont aussi). A voir l’acharnement à installer la vidéosurveillance tous azimuts, à préparer des contrôles d’identité biométrique, à virer systématiquement les plus démunis, à sous-payer le travail, à rétablir l’apprentissage - certains anciens pourraient parler des heures de ce mini bagne - et malheureusement, le fait que personne ne réagisse, je nourris une certaine inquiétude par rapport à l’allure que tout cela pourrait prendre dans les années à venir. Apparemment, nous sommes au moins deux à avoir les yeux ouverts. Bien à vous.
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