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Un monde végétarien est possible |
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8-10 août 2003 Mon expérience au rassemblement alter-mondialiste sur le plateau du Larzac suivi d’un compte-rendu du débat sur l’antispécisme animé par Yves Bonnardel à cette occasion. Anne Renon
1. Le site
Yves avait décidé de se rendre à Millau pour parler des animaux, qui ne faisaient malheureusement pas partie du programme de M. Bové ("bien évidemment", devrais-je dire puisqu’il est lui-même éleveur). Nous avons été quelques-un-es à l’accompagner, notamment pour distribuer des tracts annonçant un débat sur l’antispécisme.
Pour celles et ceux qui n’y étaient pas, voici une brève présentation des lieux : des hectares de champs se sont vus envahis, pendant quelques jours, de nombreuses tentes - des tentes de camping et d’exposition - ainsi que d’individus en tout genre qui déambulaient des unes aux autres à la recherche d’informations, de nourriture, de rafraîchissements et d’ombre ! Le site était isolé, de par son emplacement à une bonne dizaine de kilomètres de Millau, mais également en raison des embouteillages : une fois arrivé, vous n’aviez plus envie de ressortir pour vous payer les bouchons. Tous-toutes étaient donc obligé-es de se ravitailler sur place, auprès des stands de nourriture préparée et chère, auprès de rares maraîchers (je n’en ai vu qu’un seul) perdus entre les étals de saucissons, auprès de la buvette de la confédération paysanne (deux euros le verre de jus de fruit, de bière ou la bouteille d’eau) ou encore auprès des quelques citernes d’eau mises à disposition du public prêt à faire la queue entre dix minutes et deux heures en plein soleil.
Il n’existait que trois lieux en opposition à cet « autre monde » trop commerçant, des lieux où le prix libre était de mise (pour une définition du prix libre, voir le site antispesite :
la caravane de la Valette ;
deux jeunes femmes qui réalisaient des pizzas avec les légumes de leur jardin ;
et la cuisine autogérée, mise en place par un petit nombre de militants de Nîmes et Montpellier (dont certain-es s’occupaient autrefois du « Carnaval des affamés », pour ceux qui connaissent). Dans cette cuisine, sans la présence de laquelle je ne serais pas restée si longtemps à Millau, on pouvait aider à préparer la nourriture végétarienne (-lienne, en fait) pour les 4 à 500 personnes qui défilaient à l’heure des repas, petit-déjeuner compris. Un tableau noir permettait de s’inscrire à l’avance pour faire partie de l’équipe des cuisiniers mais, jour après jour, nous avons eu de plus en plus de gens, femmes, hommes, jeunes ou moins jeunes, qui sont venu-es donner un coup de main dans la bonne humeur. Le principe du prix libre permettait à tout le monde de pouvoir manger un bon repas quels que soient ses moyens financiers et le principe de l’autogestion voulait notamment que chacun lave son couvert en sortant.
J’ai ainsi pu discuter avec de nombreuses personnes, échanger des points de vue, critiquer cet « autre monde » qui semblait recréer le même monde qu’à l’extérieur. Nous avons aussi parlé du rassemblement anti-G8 à Annemasse. Nous avons échangé des idées et nous espérons développer les lieux autogérés, où chacun met la main à la pâte sans qu’aucune hiérarchie ne s’instaure.
Pour ce qui est des conférences inscrites au programme de ces trois jours, elles avaient l’avantage de prendre place à l’ombre de gigantesques tentes recouvertes de bâches plastiques blanches et le conférencier y était muni d’un micro. De notre côté, nous sommes restés plus modestes ; un arbre à palabres était à la disposition des micro-débats. Je dis « micro », car comparé aux tentes des conférenciers, notre arbre (un vrai) semblait bien petit. Il était pourtant un des plus gros des environs et c’est pour cela que son ombre était chère.
Grâce à l’aide d’Eric, Fred de Paris et Olivia, nous avons pu distribuer les 1500 prospectus « Le monde n’est pas une marchandise, les animaux non plus », photocopiés par Yves avec la mention « débat sous l’arbre à palabres dimanche à 14h00 ».
2. Le débat sur l’antispécisme
Arrivés sous l’arbre à palabres, qui rassemblait une centaine de personnes venues là pour profiter de l’ombre et quelques autres venues pour le débat annoncé sur le prospectus, nous avons pris place, Yves au centre pour présenter brièvement l’antispécisme (pendant une dizaine de minutes), et moi-même dans l’assemblée ensommeillée pour le soutenir le moment venu !
Le début a été un peu démoralisant : seules les personnes situées à faible distance d’Yves l’écoutaient, les autres discutaient, dormaient, etc. Bref, elles n’étaient pas venues pour le débat. Mais petit à petit, je les ai senties dérangées par les propos relatifs à l’antispécisme, elles étaient de plus en plus à vouloir intervenir parce qu’elles n’étaient pas d’accord avec tel ou tel point. C’est là que c’est devenu intéressant : de vingt ou trente individus qui écoutaient au départ, la centaine présente est devenue attentive. Très rapidement, Yves a fait passer le bâton de parole, qui n’a pas toujours été respecté, les questions fusant de partout : impossible de répondre à tout.
Voici quelques-uns des problèmes soulevés. Plusieurs participants ont présumé que les gens présents à Millau étaient contre les élevages en batterie, que ça allait de soi (de là à dire qu’ils l’appliquent dans leur quotidien...).
D’autres ont évoqué la chaîne naturelle de prédation : « nous sommes faits pour manger les animaux » et une intervenante en particulier pensait que, puisqu’elle est faite pour manger les animaux, alors elle est « obligée » en quelque sorte de le faire ; elle ne comprenait pas qu’Yves lui dise qu’elle avait le choix de ne pas les manger ; pour elle, il n’y avait pas de remise en question possible. Cette même personne était également persuadée que notre corps a besoin de viande, et elle argumentait en expliquant que, lors d’un séjour en Afrique, elle avait vu les enfants se jeter sur les lézards et autres petits animaux pour les manger. Certains demandaient ce qu’on ferait de tous ces animaux si on arrêtait de les manger. Comment peut-on nourrir tout le monde si on devient tous végétariens ? Un participant s’affichait en faveur de l’élevage des animaux en plein air car ils nettoient la nature et limitent ainsi les incendies (thème malheureusement à la mode) ; je lui ai fait remarquer qu’il avait une drôle de façon de les remercier : en les mangeant. Figurez-vous, par ailleurs, que grâce à la tauromachie, des espèces de taureaux ont été sauvées, et que si on ne mangeait pas les vaches, elles n’existeraient pas. Cela leur fait une belle jambe, à ces animaux-là !
Bref, que de propos habituels pour qui discute régulièrement avec des spécistes, mais je suis certaine que des petites graines se sont immiscées çà et là entre les lobes de quelques cerveaux et que ce débat a fait réfléchir plus d’une personne.
Après 1h30 de débat à l’ombre de l’arbre à palabres, Yves nous a tous invités à venir goûter à la bonne nourriture végétarienne de la cuisine autogérée.
Copyleft
Lien : http://www.cahiers-antispecistes.org
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Création de l'article : 12 septembre 2003
Dernière mise à jour : 13 novembre 2005
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> Un monde végétarien est possible
13 septembre 2003, par
Oui effectivement il y a eu des dérapages sur les prix pratiqués par tout le monde. Je suis arrivé le jeudi soir confiant avec seulement une baguette et un saucisson car j’avais appris qu’il y avait un marché fermier avec du bio , de l’équitable et du local : tout ce qu’il faut donc. Je regrette maintenant de n’avoir pas prévu plus car celà m’a gaché la fête. Je considère m’être fait allumer pendant trois jours à payer 3 ou 4 euros des sandwichs de 15 cm avec 50 g de saucisse , des cafés à 1 euro voire 1.5. Mais que dire ? Le café était bio/équitable fait par des bénévoles qui soutiennent la cause des paysans sans terre de la mongolie extèrieure opprimés par leur gouvernement à la botte de la mafia locale... Tu gardes le sourire et tu paye ton café/jus de chaussette 1 euro. D’ailleurs les charmantes jeunes filles des pizzas aux légumes vendaient la part de 10 cm sur 13 deux euros : je crois que l’autre monde où je ne suis pas une pompe à fric est possible mais elles n’ont pas su m’en indiquer le chemin. Félicitations aux kurdes : 4 euros le (bon)kébab mais aprés ça plus faim (ce qui reste quand même l’objectif)le deal était honnète même si là les objectifs étaient un peu flous. Alors voilà je garderais un souvenir formidable du Larzac mais ce côté mercantile me reste en travers de la gorge. Félicitations à l’organisation : 200 ou 300 000 personnes et si peu d’incidents c’est révélateur d’une trés bonne organisation (et ça ce n’était pas payant). Comme j’ai vu dans pas mal de manifs : la prochaine fois je serais organisé !!!!
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> Un monde végétarien est possible
14 septembre 2003, par
Bien organisé, c’est vite dit, il y a eu pas mal d’impro dans l’histoire... C’est vrai que ça s’est bien passé, mais pour les prix exhorbitants de la bouffe, je suis d’accord.
Pour une certaine partie, ça peut se comprendre, quand c’est des produits bios ou solidaires. Mais il y en avait bcp qui ont abusé et s’en sont mis plein les poches, avec le sourire.
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> Peu de différences entre l’animal et le végétal ...
13 septembre 2003, par
Bonjour,
Sur votre site Internet vous écrivez :
"Le mouvement de lutte pour l’égalité animale se fonde sur le principe suivant : Les intérêts d’un animal, à ne pas souffrir et à vivre une vie heureuse et satisfaisante, importent autant, moralement, que les intérêts équivalents d’un être humain."
Sur Arte récemment était présenté un film traitant des interactions, en Afrique du Sud, entre un herbivore et les acacias qui sont une de ses sources d’alimentation.
Auparavant libres sur de grandes surfaces les animaux se sont retrouvés parqués dans des zone closes du fait de la privatisation des terres.
On a constaté des mortalités inexpliquées de ces herbivores et des scientifiques ont étudié cette question.
Ils ont pu mettre en évidence que les herbivores succombaient à la toxicité de tanins et autres substances délivrées par les arbres.
Des arbres qui, dans d’autres conditions, ne produisaient pas de substances toxiques.
L’étude s’est donc orientée vers ce phénomène : pourquoi les arbres devenaient-ils toxiques ?
Les résultats de cette étude démontrent que les arbres réagissent à la prédation en produisant et en rendant présentes dans leurs feuilles (les parties consommées par les herbivores) des substances qui leurs conféraient une qualité répulsive.
En milieu ouvert les herbivores broutent un arbre puis, en quelques minutes, s’attaquent à un autre arbre et procèdent en se mettant sous le vent des arbres : il est maintenant démontré que le premier arbre, en émettant des substances répulsives, prévient également les autres arbres de la même espèce et, si le vent leur conduit les effluves, ces autres arbres produisent les substances répulsives même s’ils n’ont pas été broutés.
En milieu confiné, les herbivores ne disposent pas d’un nombre suffisant d’arbres pour combler leurs besoins : ils broutent les arbres en dépit des substances toxiques et en meurent.
La faculté des arbres de réagir à une agression de façon appropriée et leur faculté à capter et interpréter un signal émis par leurs congénères sont maintenant démontrées.
Si l’on considère maintenant le monde animal on retrouve des comportements similaires chez les animaux et il devient extrêmement difficile de définir une distinction entre le monde animal et le monde végétal si l’on se base sur des phénomènes comportementaux.
En fait peut-être seuls des critères physiologiques autorisent encore de distinguer ces deux règnes.
Pour l’arbre le fait de réagir à une agression est-il aussi une réaction à une souffrance ?
Si oui je reprends votre phrase :
" Les intérêts d’un VEGETAL, à ne pas souffrir et à vivre une vie heureuse et satisfaisante, importent autant, moralement, que les intérêts équivalents d’un être humain."
Je n’y ai changé qu’un terme.
A l’ère des manipulations génétiques permettez-moi de suggérer une voie de recherche qui vous permettrait de "faire équitablement justice" aux animaux ET aux végétaux, et qui consisterait à manipuler le génome humain de façon à ce que nous puissions nous nourrir, comme le font les plantes, uniquement d’éléments inertes présents dans la terre.
Cela présenterait de nombreux avantages, notamment de mettre fin à tous les problèmes de nutrition : une façon radicale d’éradiquer les famines et de régler la question des subventions à l’agriculture (puisqu’il n’y aurait plus besoin d’agriculture).
Franchement je regrette de n’y avoir pas pensé plus tôt : merci d’avoir écrit cet article !
Par ailleurs je me suis trouvé ces dernières années à connaître quelques problèmes de santé.
En particulier il m’arrivait fréquemment d’avoir un très faible taux de globules rouges : extrême fatigues, sortes de syncopes, hémorragies ? très agréable vraiment.
Quand cela m’arrivait la SEULE solution efficace (j’ai tenté les lentilles, l’épinard etc ?) était de consommer un produit carné, du foie, le plus efficace étant le foie de boeuf cru (le boudin noir donne à peu près les mêmes résultats).
A cette époque je consommais régulièrement du soja.
A la recherche des causes (visiblement inconnues des médecins que je consultais) d’autres symptômes qui me rendaient la vie difficile je changeais périodiquement de régime, et j’abandonnais donc un jour le soja.
Mes anémies par manque de fer se firent rares, elles semblent aujourd’hui appartenir au passé.
Un jour, ultérieurement, on me signala un article sur la toxicité du soja.
Voir : Soja toxique
Sachant qu’un certain nombre de végétariens font une consommation assez importante de soja et ayant constaté chez certains (j’en connais) des états de santé peu encourageants, je profite donc de cette opportunité pour informer un peu.
Soja Toxique
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> Peu de différences entre l’animal et le végétal ...
13 septembre 2003, par
Il semble que le souci majeur soit donc de rechercher les sources "naturelles", et non nuisibles à l’environnement pour nous fournir en glucides, lipides, protides, sels minéraux & autres, plutôt que d’opposer le monde animal & le monde végétal, tel que nous le faisons depuis une bonne quarantaine d’années déjà !
Qu’en pensez-vous ?...en bas, à gauche, A.L.
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> Peu de différences entre l’animal et le végétal ...
14 septembre 2003
Non, désolé ...
C’était un peu d’humour.
Je voulais simplement exprimer qu’il était presque impossible de distinguer un végétal d’un animal avec des critères de comportement.
En conséquence si nous devous nous abstenir de faire souffrir un être vivant pour notre alimentation il faut arrêter de "martyriser" les végétaux, autant que les animaux.
Mangeons donc des cailloux et tout le monde sera content !
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> Peu de différences entre l’animal et le végétal ...
16 septembre 2003
Drôle d’argument que celui-ci ! donc si nous ne pouvons éviter l’éventuelle souffrance des végétaux, alors continuons à faire souffrir les animaux variante appliquée aux humains : si vous aidez le Rwanda mais que vous ne faites rien pour les enfants du Chiapas, alors autant ne rien faire du tout...
je laisse chacun exercer son sens critique sur ce raisonnement
Laurent D.
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> Peu de différences entre l’animal et le végétal ...
16 septembre 2003, par
Pour faire simple je me base sur le raisonnement suivant :
le premier auteur a pris en particulier l’argument de la souffrance pour défendre son point de vue végétarien.
Soit cet argument est valable, "universellement" recevable, et il doit s’appliquer à tout ce qui est susceptible de souffrir.
soit cet argument n’a pas de portée générale (universelle) et, dans ce cas, sa portée sera soumise à l’appréciation de chacun : il devient impossible d’en discuter afin de lui assigner une signification acceptable par tous, puisque par définition sa portée n’est pas générale.
J’ai considéré que l’argument de la souffrance avait donc une portée générale afin de pouvoir en discuter.
si cette portée est générale, l’argument s’applique aux végétaux autant qu’aux animaux, puisqu’il est probablement démontré que les végétaux sont aptes à souffrir.
Il semble donc impossible que nous puissions nous alimenter sans faire souffrir ici ou là.
Choisir ?
Faire souffrir un végétal plutôt qu’un animal ?
Ou l’inverse ?
Qu’est-ce qui peut justifier l’un ou l’autre ?
Une sensibilité personnelle ?
Etant personnelle elle n’a rien d’universel.
Rien à voir avec les enfants du Chiapas ou du Rwanda, ce n’est pas du tout la même problématique.
Un peu plus de rigueur dans la pensée ne nuirait pas.
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de belles phrases cacheraient-elles un manque de rigueur dans le raisonnement ?
17 septembre 2003
* premier point, vous dites : "puisqu’il est probablement démontré que les végétaux sont aptes à souffrir"
en dehors du fait que le "probablement démontré" ne veut pas dire grand-chose, les végétaux, dénués de système nerveux pour véhiculer les informations sensorielles, ne ressentent très probablement rien. Les rares études qui ont cherché à montrer que les végétaux ressentaient telle ou telle chose ont rarement été menées dans un esprit scientifique (pour plus d’infos je vous renvoie à la lecture de l’article qui en parle sur le site des cahiers antispécistes)
* deuxième point : "Faire souffrir un végétal plutôt qu’un animal ?"
deux choses :
tout d’abord dans la vie de tous les jours, nous sommes confrontés à des tas de situations où, quoi que nous choisissions, nous ne pouvons que minimiser la souffrance, et non l’annuler cependant, dans de tels cas, vous comme tout le monde, cherchez sans aucun doute à prendre la décision qui minimisera la souffrance chez les individus concernés pourquoi en serait-il différemment lorsqu’il s’agit d’animaux ?
ensuite, vous n’êtes pas sans savoir que pour produire un kilo de protéines animales, il faut environ dix fois plus de protéines végétales donc, bien plus que de choisir, l’alimentation végétarienne permet de diminuer les souffrances animales AINSI que les éventuelles souffrances végétales.
CQFD
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> de belles phrases cacheraient-elles un manque de rigueur dans le raisonnement ?
18 septembre 2003, par
""probablement démontré" ne veut pas dire grand-chose..."
Pour moi cela signifie qu’il t a une forte présomption en faveur d’une souffrance végétale possible, ce qui nous interdit d’affirmer qu’un végétal ne peut pas souffrir.
"...les végétaux, dénués de système nerveux pour véhiculer les informations sensorielles..."
OK pour l’absence de système nerveux, mais le système nerveux animal serait-il le seul à permettre une transmission d’infos sensorielles, rien ne nous permet de l’affirmer, et l’exemple que je cite laisse penser qu’il y a transmission dans un même arbre et entre les arbres : par molécules relâchées dans l’air ? ou par micro courants électriques ? ou d’une autre façon ?
Minimiser la souffrance : OK.
"...l’alimentation végétarienne permet de diminuer les souffrances animales AINSI que les éventuelles souffrances végétales."
Bien vu, et manger des cailloux permettrait de les éviter toutes, le problème concerne maintenant la question de l’équilibre alimentaire, avec différents volets : apports, énergie dépensée pour la digestion etc ...
Il semble que dans bien des cas une alimentation carnée présente des avantages sur une alimentation seulement végétale, et qu’elle soit source d’apports non négligeables.
Notamment du point de vue des oligo éléments, une étude a été effectuée sur les produits de notre agriculture (végétaux) et elle démontrait que la production actuelle avait des taux réduits d’oligo éléments par rapport aux taux constatés il y a 20 ou 30 ans.
En cause le mode de culture (qualité des engrais).
Poisson et viandes apportent un complément.
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> Etat du monde et végétarisme
18 septembre 2003, par
Le titre de l’article ouvrant ce débat envisageait la possibilité d’un monde végétarien.
Le débat n’est pas nouveau et il sera très difficile de le conclure car il faudra, pour y parvenir, l’étayer d’arguments ayant chacun une portée dont nous nous accorderons tous à reconnaître l’universalité : des arguments qu’il sera très difficile de contester.
A défaut de le conclure de cette façon, les tenants du végétarisme pourront toujours défendre leur point de vue, mais il ne sera pas admissible qu’ils en viennent à l’imposer puisque aucune valeur universelle n’aura été reconnue au végétarisme.
Pendant ce temps d’autres valeurs ont été reconnues comme plus universelles, même si elles sont critiquées ici ou là, comme c’est le cas pour la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Nous constatons que les conditions préconisées par cette Déclaration ne sont pas en vigueur en de nombreux points de la planète.
De plus d’autres questions se posent et nécessitent que nous consentions de gros efforts pour les résoudre : 2 milliards d’humain vivant avec moins de 2 dollars par jour, effet de serre, pollutions diverses (le trou d’ozone a repris une "belle" vigueur sur l’Antarctique et une part de l’hémisphère Sud cet automne), etc ...
Face à ces problèmes très graves, au fait que chacune de nous ne dispose que de 24 heures par jour et d’une quantité d’énergie qui n’est pas extensible, je fais un choix : ces questions majeures justifient que je laisse au second plan cette question du végétarisme, j’y ai ces derniers jours consacré assez de temps.
Sur la questions des équilibres alimentaires pourtant il y aurait beaucoup à ajouter, mais cela nécessiterait la collecte de trop de données (afin de citer les sources) et trop de temps par rapport à l’importance en fait secondaire du débat.
Je n’oublierai pas que la question du végétarisme existe et continuerai à m’en tenir informé, mais sans trop intervenir.
En d’autres termes je place la question du sort des humains nettement en tête de mes préoccupations.
Par "sort des humains" j’englobe tout ce qui se rapporte aux humains et à leurs comportements.
Dans cet esprit il faut savoir que l’état de la planète, aujourd’hui, est inquiétant et que certaines dynamiques (certaines dispositions envisagées pour l’AGCS notamment, et certaines pratiques, voir par exemple à ce sujet En matière d’environnement, Bush est bien pire que Reagan) risquent de l’aggraver dramatiquement.
Cette aggravation sera beaucoup plus destructrice - et génératrice de souffrances - pour tous les êtres vivants que la seule question du végétarisme.
Certaines nouvelles (des nouvelles de ce genre pullulent malheureusement ...) sont inquiétantes : Les saumons en partie responsables de la pollution des lacs d’Alaska (Nature) et devraient peut-être nous conduire à consacrer TOUTE notre énergie à tenter de trouver des remèdes.
On peut même imaginer que cette aggravation ne nous laisse pas le temps de mettre au point tous les arguments de portée universelle nécessaires à trancher définitivement la question du végétarisme : définitivement secondaire !
Je quitte donc ce débat.
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> Etat du monde et végétarisme
18 septembre 2003, par
salut,
personnellement, je suis végétarien, et si ce que je vais dire peut paraitre simpliste, tant pis.
ça ne m’interesse pas de manger de la viande, lorsque je vois dans quelles conditions sont véhiculées les animaux (même ce issus de l’agro-bio, sisi) qui vont à l’abattoire, et dans quelles conditions ils sont abattus. (nb : j’ai une amie qui bosse en abattoire)
je peux me passer de viande, donc je n’en mange pas ! au contraire, j’équilibre encore mieux mon alimentation en cultivant mes légumes, en élevant mes poules pour les oeufs, et en allant au biocoop du coin !
c’est aussi simple que ça, donc les démonstrations à la Descartes, vous savez ce que j’en pense, lol ! :)
le tout est que ce soit un choix personnel et réfléchi, aprés libre à chacun-e de manger ou non des animaux.
certains me reprocheront le coté émotionnel de ma démarche, mais bon, c’est comme ça, on se refait pas ...
au plaisir !
mat
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militer pour les humains tout en croquant son steack de soja...
18 septembre 2003
tu écris :
"Face à ces problèmes très graves, au fait que chacune de nous ne dispose que de 24 heures par jour et d’une quantité d’énergie qui n’est pas extensible, je fais un choix : ces questions majeures justifient que je laisse au second plan cette question du végétarisme, j’y ai ces derniers jours consacré assez de temps."
mais manger végétarien ne prend pas plus de temps et ne t’empecherait pas de militer pour des causes "plus importantes"...
les humains d’abord ? (en d’autres temps, c’étaient "les blancs d’abord" ou encore "les hommes d’abord")
Laurent D.
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nutriments magiques dans la viande ?
18 septembre 2003
tu dis :
"Bien vu, et manger des cailloux permettrait de les éviter toutes, le problème concerne maintenant la question de l’équilibre alimentaire, avec différents volets : apports, énergie dépensée pour la digestion etc ... Il semble que dans bien des cas une alimentation carnée présente des avantages sur une alimentation seulement végétale, et qu’elle soit source d’apports non négligeables. "
je ne relève pas le début, qui relève du raisonnement par l’absurde déjà critiqué (comme on ne peut éviter toutes les souffrances, autant n’en éviter aucune !) concernant les apports non négligeables, évidemment que la chair des animaux apporte des nutriments, mais la question fondamentale est de savoir si l’on peut vivre en bonne santé sans avoir à faire tuer des animaux (3 millions par jour dans les abattoirs français !!) je crois que de nos jours, tout le monde connait la réponse...
Laurent Dervaux, végétarien depuis 1991, végétalien depuis 2000 et triathlète.
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> Peu de différences entre l’animal et le végétal ...
15 septembre 2003, par
Il faut pas oublier que c’est en cuisant sa viande que l’homme a pu developper son cerveau et évoluer jusqu à homo sapiens. Etre végétarien c’est aller contre le sens de la nature. On est des omnivores. C’est vrai qu il y a eu trop d’abus au Larzac avec la nourriture. C’étais abusé pour manger et boire il fallait débourser le même prix que dans une station touristique. Mais en même temps l’organisation ne pouvait pas tout gérer et tout prévoir.
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vivre dans le passé ?
16 septembre 2003
Le problème n’est pas de savoir si à un moment donné dans l’histoire, les humains ont consommé de la viande, mais de savoir si il est juste AUJOURD’HUI de traiter les animaux comme on les traite, juste parce qu’ils ne sont pas de la "bonne" espèce, c’est-à-dire la nôtre, et malgré tout ce qu’ils sont capables de ressentir (douleur, plaisir, etc.)
"Développer son cerveau", c’est, de nos jours, aller vers une éthique qui n’exclut pas sous des prétextes qui n’ont rien de rationnel
et tout le monde sait de nos jours qu’on peut vivre sans viande
Laurent Dervaux, antispéciste végétalien, secrétaire de l’Equipe Sportive Végétarienne (www.vegesport.org)
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gandhi
24 septembre 2003, par
Bonjour à tous, Notre monde est possible : la preuve, j’y vis et j’en vis, selon le principe de vie exposé par Gandhi. Je suis pacifiste et non-violent, autonome (ou tendant à le devenir) en énergies, végétarien, écologiste (nous n’utilisons que des produits écolos pour la vaisselle, le ménage, la lessive) et respectueux du bien-être de ceux qui m’entourent.
Il ressort de tout ce qui est écrit au dessus une constatation bien désagréable : ceux qui se présentent comme des viandistes manquent cruellement d’élégance. La plupart de leurs propos ne relatent que des poncifs, preuve qu’ils débattent d’un sujet dont ils ignorent certainement les causes et conséquences. La plupart de leurs propos sont violents, de cette violence que la société ne semble plus vouloir contrôler.
Notre monde, celui dans lequel vous prétendez entrer, n’est pas un monde d’exclusion. De même qu’il n’est pas raisonnable de prendre au sérieux les êtres dominés par l’émotion.
Notre monde, celui dont vous entrevoyez la possibilité (un autre monde est possible, partout et toujours), est un monde de convictions. Et demande à chacun voulant le pénétrer de réfléchir à son mode de vie, comme l’ implication de ce mode de vie dans la préservation de l’environnement.
Sur ce dernier point le mode d’alimentation végétarien est un modéle du genre, pour peu qu’il soit une partie du maillon de la chaîne. Et l’autre monde dont vous rêvez ne restera qu’un slogan tant que vous ne reconnaîtrez tous les maillons de cette chaîne.
Il est souhaitable que les végéta(r-l)iens puissent débattre librement de leurs aspirations humanistes, sans avoir en permanence à se justifier. Les arguments en faveur de la viande ne tiennent en fin de compte qu’à une seule chose : le "plaisir immédiat". Il semble pourtant que l’humain, pour survire, doive vaincre cette notion du "plaisir satisfait immédiatement" . C’est par cette sensation que le modéle que vous essayez de fuir vous retient : autoroutes, supermarchés, crédits (et le reste, vous le connaissez).
La libération progressive de l’humain des dérives du "plaisir immédiat "(ce qui n’exclut pas le plaisir, au contraire ; mais cette valeur ne doit pas mettre en cause le bien-être environnant ; exemple : le plaisir de construire de ses mains une étagère, plutot que de prendre sa voiture et aller chez bricotruc - le plaisir de fabriquer son tonyu, le plaisir de cultiver ses herbes aromatiques, etc) sera le moyen le plus sûr de déranger ce système de pensées qui nous sclérose.
Comment faire ? Gandhi est un guide, Krishnamurti en est un autre, René Dumont également, comme le sont Jacques Ellul, Ivan Illitch. L’érudition est une voie sage et efficace vers cet "autre monde" de vos aspirations.
Cordialement L’arpenteur
La page de l’Arpenteur
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