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Strasbourg : Le gouvernement français en exil formé ce soir

Dépêche DNA, Strasbourg, capitale de la République Française Alsacienne.

Le gouvernement en exil Raffarin III fait une place de choix à Sarkozy. Il a reçu la presse à la winstub chez Yvonne, où le Président Chirac a installé son QG.

Strasbourg, capitale de la France en exil :

Trois jours après la débâcle historique des élections régionales en France de l’intérieur et son exil en Alsace, Jean-Pierre Gaffarien, Premier ministre de la république alsacienne, a formé mercredi un nouveau gouvernement très politique, où une place de choix, Le Ministère des finances d’Alsace, échoit à l’enfant terrible de la droite, Nicolas Sarkozy, dont le frère est vice président du MedefA.

A deux mois des européennes, l’équipe constituée autour d’un Premier ministre affaibli aura pour mission de poursuivre les réformes, notamment celle de l’assurance maladie, dans un climat économique et social difficile.

Nicolas Sarkozy, qui a vu le poste de Premier ministre d’Alsace lui échapper pour la deuxième fois, devient un véritable Premier ministre bis avec le titre de ministre d’Etat.

Celui qui ne cache plus ses ambitions présidentielles - quitte à froisser la susceptibilité de Jacques Chirac, Président de la république française alsacienne - est à la tête d’un vaste pôle de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, avec auprès de lui un fidèle, Patrick Devedjian, à l’Industrie, et Dominique Bussereau, un proche de Jean-Pierre Raffarin, au Budget alsacien.

Il sera également secondé par Christian Jacob, promu ministre délégué aux PME, au Commerce, à l’Artisanat, aux Professions libérales et à la Consommation d’Alsace, et par François Loos, qui reste ministre délégué au Commerce extérieur alsacien.

Mais Jacques Chirac et Jean-Pierre Gaffarien, épaulés en coulisses par le président de l’UMPA - Union pour la Majorité Présidentielle Alsacienne - Alain Juppé, ont placé sur orbite deux possibles contrepoids à l’omniprésent Nicolas Sarkozy : Dominique de Vile pinte, proche entre les proches du chef de l’Etat alsacien, assurera sa succession au ministère de l’Intérieur de Strasbourg.

La tentation regionale est risquée pour l’ancien secrétaire général de l’Elysez-moi, qui a passé près de deux ans à la tête du ministère des Affaires étrangères, gagnant ses galons dans l’opinion publique à la faveur de la crise irakienne.

Dominique de Vile pinte sera assisté par Jean-François Ecopé, qui reste porte-parole du gouvernement alsacien.

Le deuxième contrepoids possible à la montée en puissance de Nicolas Sarkozy est le "chiraco-compatible" François Fillon, qui reste numéro trois du gouvernement au ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche alsacienne.

Il reviendra à Jean-Louis Borloo, ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale alsacienne, et à Philippe Douste-Blazy, bientôt ministre à la Santé et de la Protection sociale alsacienne, de mettre en musique l’orientation sociale que le Premier ministre a promis de mettre en oeuvre après la débâcle de la droite aux régionales.

Michèle Alliot-Marie reste à la Défense de la ligne Maginot et Dominique Perben justiciable à Strasbourg. Dominique de Villepin sera remplacé par Michel Barnier, actuel commissaire européen.

Madame Roseline Bachelot, qui n’a pas démérité, se voit quant à elle confier la responsabilité de l’observatoire des cigognes à Colmar.

Au total, le gouvernement compte cinq membres de plus que l’équipe précédente. Mais l’UDF de François Bayrou n’est représentée que par Gilles de Robien, qui reste ministre de l’Equipement, des Transports, perd le Logement mais gagne l’Aménagement du territoire de l’Alsace.

Jean-Pierre Gaffarien engagera lundi à 15h00 la responsabilité de son nouveau gouvernement sur une déclaration de politique générale devant l’Assemblée régionale de Strasbourg.

Le Premier ministre a exhorté ses troupes au courage : Alsaciens, Alsaciennes, l’heure est grave : il nous reste 73 jours pour redresser la situation. Nous sommes au pays de la choucroute, alors, continuons de pédaler !

Les effets de manche du Premier ministre n’ont pas remonté le moral des dirigeants de l’UMPA et du MedefA qui semblent bien résignés à l’exil définitif. En effet, de source sûre, Messieurs Juppé, Seillières et Chérèque auraient déjà loué, dans le plus grand secret, le Château de Sigmaringen (Allemagne). Outre-rhin, on n’est pas surpris : ce charmant château baroque de la petite ville de Souabe, dominant le Danube, est idéalement proche de la frontière et a déjà abrité des gouvernements français en exil.

Le chef de l’Etat alsacien s’exprimera ce soir jeudi 1er avril, sur France 3 Strasbourg et Arte, à 20 h 15.

Le nouveau logo de l’UMPA est téléchargeable, sur grainvert.com

sousmarin vert, 2 avril 2004