Saga Africa, Ambiance de la brousse, Saga Africa, Attention les secousses !
Saga Africa, chantait Yannick Noah... Là, on chantera plutôt : Saaga africa, attention les secousses ! article source
Dans la rubrique Tarte à la Crème, après les OGM qui nourissent la planète, les avions qui font pleuvoir !
d’après une dépêche AFP : Neuf Etats africains veulent recourir aux "pluies artificielles" pour faire reculer la famine ! Les dirigeants de ces Etats comptent sur la "magie" de la technologie pour attirer la pluie...
On en rirait volontiers, si ces pays n’étaient pas parmi les plus pauvres de la planète, parce que les plus secs... Il y a peu encore, on riait sous cape des rites et coutumes de ces "grands enfants africains". On n’arrête pas le progrès du développement, aujourd’hui, ce sont des mages "technos" particulièrement "secoués" qui entrainent dans leur délire des potentats locaux, presque tous passés par nos grandes écoles...
Pour l’eau, peine perdue, il y de fortes chances, car seule la végétation crée la pluie, comme l’ont prouvé les véritables chercheurs de terrain et scientifiques du climat et la pluviométrie. Mais plutôt que de s’inspirer des méthodes (trop) simples et (trop) bon marché de Pierre Rabhi* ou Jacques Gasc**, par exemple, de relancer des cultures de variétés adaptées, comme le fonio***, des Etats pauvres vont s’endetter encore plus, pour le plus grand profit de nos multinationales...
29/05 : Les yeux rivés sur le ciel, Hamidou regarde le petit avion CESSNA monter vers les gros nuages noirs au dessus de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. "Il s’en va les "bombarder" et la pluie sera obligée de tomber", explique-t-il à des amis stupéfaits. Depuis 1998, le Burkina a lancé l’opération "Saaga" (pluies en langue mossi) d’ensemencement des nuages pour augmenter la pluviosité dans ce pays sahélien souvent exposé à la disette. A l’issue d’une conférence de trois jours à Ouagadougou, le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le sahel (CILSS) a annoncé qu’il va s’inspirer de "Saaga" en vue d’élaborer un programme régional dénommé Augmentation des précipitations par l’ensemencement des nuages (APEN) au profit de ses neuf pays membres.
Les opérations aériennes consistent à répandre des sels chimiques afin qu’ils libèrent de façon précoce les gouttes d’eau. Elles nécessitent des séances d’observation complexes et des équipements ultra-sophistiqués : avions spéciaux, radars, satellites, modems et du personnel qualifié (bref, un projet fondé sur les ressources locales...)
En 2002, alarmés par la dégradation des conditions alimentaires liée à la poussée démographique (plus de 3% par an) et surtout à l’avancée galopante du désert, les ministres du CILSS sont convenus de recourir à cette technologie pour "faire reculer la faim" qui freine depuis des décenies le développement de leurs pays. "Il s’agit pour ces pays de mettre en commun leurs compétences et leurs ressources pour réaliser le projet", a affirmé à l’AFP un expert du CILLS. Des météorologues, des hydrologues, des pilotes, des agronomes et des frabriquants d’équipements ont pris part à la conférence. Régulièrement éprouvé par la famine et la sécheresse, le Sahel compte plus de 50 millions d’habitants et s’étend du Tchad au Cap-Vert.
Certains des pays de cette zone ont moins de 200 mm d’eau par saison, rendant les récoltes aléatoires. "Le rêve des populations sahéliennes de maîtriser l’eau par les mécanismes de l’ensemencement des nuages est devenu un espoir à portée de main", a déclaré Musa M’Benga, secrétaire exécutif du CILSS à l’ouverture de la conférence. Pour le ministre burkinabè de l’agriculture, Salif Diallo, le futur programme APEN sera "le vivier du combat contre la faim et la pauvreté". "L’augmentation des précipitations par la modification du temps est une solution pour parer à l’insuffisance des ressources en eau dans le Sahel", assure Jean-François Berthoumieu, expert à l’Organisation mondiale de la météorologie (OMM).
En revanche, de nombreux délégués s’interrogent sur la capacité des Etats du CILSS à supporter les budgets du projet et aussi de la disponibilité des bailleurs de fonds à le financer. "Il ne faut pas aller vite en besogne : il faut faire l’état des lieux, définir les priorités et mieux organiser le programme", note Ali El Majdoub, représentant du Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD). S’appuyant sur le débat sur les Organismes génétiquement mofidifiés (OGM), des participants jugent "prématurée" l’application d’une telle technologie "aux conséquences imprévisibles".
"Les Etats ne disposent pas des infrastrustures adéquates (barrages, retenues d’eau) pour stocker les quantités d’eau ni de moyens pour parer aux éventuelles catastrophes", soutient un délégué malien. Un expert de Mauritanie doute de "l’opportunité" du programme pour son pays où le climat de type "saharien" est caractérisé par la rareté des nuages.
Note d’humeur : C’est vrai qu’après des années de sécheresse, des innondations catastrophiques, ca les changerait !
*Pierre Rabhi, qui c’est celui-là ?
**Jacques Gasc, reverdir le Sahel : le projet irrigasc, lire en ligne
***Le projet fonio, lire en ligne sur gaia.grainvert.com
Clin d’oeil, l’illustration est la couverture (de Franck Margerin) d’un album collectif d’une floppée de dessinateurs au profit de la fondation Daniel Balavoine, au profit de lutte contre la sécheresse en Afrique). Les belles idées ne meurent jamais !