Samedi 5 juin 2004 : Deux manifs à Paris avec Construire un Monde Solidaire.
5h du matin, parking de la Grave à Millau. Nous sommes 25 dans le car. Arrivée à Paris vers 12h 30.

1) - Cette statue, place de la République, je la connais depuis longtemps.
Après deux ans de vie à Saint -Affrique, je m’interroge. Est-ce la République qu’elle représente ? Est-ce un rameau d’olivier qu’elle brandit ?
C’est la bien PAIX que nous sommes venu revendiquer. Et peut-être bien la République aussi. Vers 14h, la manif contre la réforme de la Sécu finit par se mettre en marche vers la Nation.

2) - Plus tard, vers 17h, on piétine dans les rues autour de la Bastille pour la deuxième manif vers la place de la République, cette fois et contre la venue de “Dubya” Bush.

3) - Penser que Jacques Chirac, ce beauf odieux qui souille nos institution depuis presque 10 ans, invite ses partenaires, autres sinistres clowns, Georges W. Bush, Wladimir Poutine et Antony Blair (il ne manque plus que Silvio Berlusconi et feu Jose Maria Aznar, pour que soit rassemblée la lie de nos sociétés développées, érigée par nous en chefs d’états), pour cette commémoration du débarquement et la transformer en une farce obscène et grotesque (Poutine et la Tchétchénie et Bush, “libérateur” de l’Irak, osant faire l’amalgame avec la libération du joug nazi), tout ceci en grande pompe et à nos frais, c’est vraiment insoutenable !

4) - BUSH terroriste N° 1, le message est clair. Cette imposture du pouvoir, cette usurpation des mandats et fonctions, cette confiscation de la démocratie et cette perversion politique ne peut plus durer.

5) - La forte présence de la Palestine, avec les associations de défense du peuple palestinien et les chants de résistance, si beaux, si graves et si exaltants. Les nuées de femmes plus ou moins arabes ou juives, voilées ou pas, toujours si vives, si belles, si gaies et si rayonnantes, racontent beaucoup de l’espoir des peuples et donnent à la manifestation ses moments les plus forts. Dans cette cohue, nous retrouverons Samir Abdallah, le réalisateur du film « Ecrivains de frontières » que nous voulons projeter à Millau et St-Affrique les 18 et 19 juillet.

6) - Certains amis du groupe du Larzac retrouvent comme par magie, des gens perdus de vue et rencontrés en Palestine lors des « Missions Civiles » auxquelles ils ont participés et qui ont définitivement changé leur regard.
Des amis avec qui ils partagent, dans une fraternité et une simplicité presque tangible, tant ces émotions sont authentiques, des souvenirs inouïs, d’attente angoissée, entassés dans des appartements en ruines et le plus total dénuement, de nouveaux bombardements. Autour de ces groupes souffle un air de fraternité et de dignité exemplaire et indicible.

7) - Dans le car du retour, les proches sur les portables, nous informent qu’aux JT de 20h on a vu la manif pendant à peine deux secondes, parmi des heures de rabâchage à base d’émotion facile autour de la farce commémorative.

8) - Lundi matin, le souvenir, les larmes réelles et les « flonflons » s’éloignent, tandis que sur France Cul. (pour la circonstance), Alexandre Addler, dans un vibrant hommage posthume à son “vieux camarade” Ronald Reagan, “excellent acteur et homme de gauche”, poursuit inlassablement son travail de révisionnisme en temps réel, qui n’est pas sans rappeler à mes oreilles sensibilisées, les bulldozer israéliens qui annihilent inexorablement la Palestine et les palestiniens, sur fond de discours de décolonisation, qui ne sont toujours que des mots, bien entendus.