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Donnedieu de Vabres en première à la cour d’Honneur.

Première à la cour d’honneur pour notre ministre... Du jeudi 8 juillet 2004.

Peut-être le Ministre de la Culture s’attendait-il à recevoir un accueil agité, ce soir-là, à son arrivée à la Cour d’Honneur . Peut-être ses conseillers encravatés avaient-ils eu vent de la manifestation des intermittents qui, installés sur les marches du Palais brandissaient des pancartes demandant l’abrogation d’un protocole unanimement condamné. Peut-être Mme Roig avait-elle-elle œuvré en sous-main pour que les agents d’E.D.F. ne mettent pas leurs menaces de coupure à exécution. Peut-être Mme la Ministre de la Culture allemande avait-elle imploré les dieux qu’une averse inopinée ne vienne pas déranger son brushing impeccable et sa soirée de gala.

Ce qu’ils n’avaient pas prévu et ne pouvaient pas prévoir, car l’action de l’équipe technique de la Cour d’Honneur avait été organisé dans le plus grand secret à quelques minutes de la représentation, était l’accueil chaleureux qui serait réservé à M. Donnedieu de Vabres.

Lors de son entrée dans la Cour, peu après le début de l’entrée public et en l’absence de la presse, il fut accompagné jusqu’à sa place par une poursuite ( il est bon que le public, simples mortels, connaisse le visage des demi-dieux qui nous gouvernent ) au son de « On va s’aimer » de Gilbert Montagné ( quelle chanson aurait pu mieux exprimer la sympathie, le respect et la considération que nous portons au Ministre et au gouvernement qu’il représente ?)

Si certains pouvaient encore se méprendre sur nos intentions, nous avons rapidement dissipé les doutes : un cœur palpitant du plus beau rose se promenait de cour à jardin sur le décor de Woyzeck . L’amour, toujours l’amour...

Hélas, le public ne put se délecter longtemps de cette manifestation spontanée de sympathie car deux gardes du corps peu respectueux vinrent occulter la lumière qui mettait en valeur le costume, la prestance et les oreilles du Ministre.

Vint ensuite un texte lu par un comédien qui représentait les compagnies françaises et étrangères du Festival In, suivi d’une lettre rédigée et lue par les techniciens de la Cour d’Honneur, les deux rappelant au(x) ministre(s) présents leur responsabilité dans le désastre qui touche les intermittents, la Culture, et tout autre domaine qui vous viendrait à l’esprit. ( liste non exhaustive disponible sur simple demande à l’O.M.C. , aux bureaux relevant de l’A.G.C.S. ou un quelconque représentant de l’ultra libéralisme)

Note : des techniciens honnêtes et objectifs nous ont signalé le peu de joie que semblait procurer aux intéressés la lecture de ces communiqués fort pertinents.

A l’issue de la représentation, nous avons pu rencontrer Mr Donnedieu de Vabres qui nous a subjugué par sa compétence, son sens aigu de la communication et sa maîtrise absolue de la langue de bois.

Le lendemain, Jean Lefebvre nous quittait. Sales temps pour la Culture.

Le canard déchaîné !

louison, 16 juillet 2004