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Pour la démission du préfet du Gers

Le collectif anti-OGM du Gers a organisé, le 15 septembre à Auch, un rassemblement devant la préfecture pour demander la démission du préfet du Gers, organisateur-en-chef de la répression à Solomiac.

Le rassemblement a réuni environ deux cents personnes, venues du Gers et des départements limitrophes, pour protester contre les violences policières subies par les « faucheurs volontaires » le 5 septembre à Solomiac.

A cette occasion, un animateur du collectif anti-OGM du Gers a lu la déclaration suivante :

« Alors que 70% des Français et la majorité des Conseils régionaux sont contre les essais en plein champ ;

Alors que les municipalités de Solomiac, de Vic-Fezensac et le Conseil général du Gers, élus représentant la volonté des citoyens, ont, par délibération et par vœux , affiché clairement leur opposition à tout essai en plein champ sur leurs communes et le département du Gers ;

Alors que le préfet du Gers a été débouté en appel au tribunal administratif au profit du maire de Mouchan qui avait pris un arrêté anti-OGM sur sa commune ;

Ce même préfet du Gers, militaire de carrière, face à un millier de citoyens (hommes, femmes, enfants, personnes âgées) venus une fois de plus dénoncer les risques inhérents à la culture et aux essais d’OGM en plein champ, a décidé d’employer brutalement et militairement les nombreuses forces qu’il avait à sa disposition.

Cette décision était préméditée, puisque les services de l’hôpital d’Auch ont été prévenus par les services de la préfecture que des blessés pourraient arriver en nombre ce dimanche 5 septembre.

Sans aucune négociation préalable, sans sommation, des citoyens pacifiques ont subi : tirs tendus (interdits par la loi) de grenades soufflantes et lacrymogènes (dont certaines lancées depuis un hélicoptère), coups de matraques, coups de pied, lâché de chiens-policiers.

A ce propos, le chien-policier dressé à mordre de la chair humaine... a mordu de la chair humaine. Mais le stress provoqué par les très fortes explosions et les gaz a entraîné sa mort. Cela donne une idée de l’extrême violence déployée ce 5 septembre à Solomiac.

Le bilan est lourd : « côté « citoyens », 60 blessés (dont 5 ont dû être admis aux urgences de l’hôpital d’Auch) avec éclats de grenades, tympans percés, blessures faciales, jambe cassée, état de choc ; côté « militaire », 2 blessés... par les tirs aveugles venus de l’hélico.

Au regard de la violence déployée par les forces de l’ordre face à des citoyens pacifiques, ce bilan aurait pu être beaucoup plus grave.

Le collectif anti-OGM du Gers qualifie l’attitude du préfet d’irresponsable et de totalement disproportionnée. Devant cette attitude bornée (le préfet a refusé de rencontrer les collectifs présents à la mairie de Solomiac), inadmissible et brutale face à des citoyens responsables (aucune violence de leur part), le collectif anti-OGM du Gers demande la démission et le départ immédiat du préfet du Gers.

Le collectif anti-OGM du Gers soutient la démarche du président du Conseil général du Gers, présent à Auch lors du rassemblement précédant la manifestation, qui a réitéré sa volonté d’organiser un référendum d’initiative populaire dans le département. Cette initiative va dans le sens du débat citoyen que demande les « faucheurs volontaires » depuis longtemps, et invite toutes les municipalités qui ne l’auraient pas encore fait, à prendre des arrêtés contre les essais d’OGM en plein champ sur leur territoire.

La technologie des OGM n’a toujours pas démontré qu’elle est sans danger. Les scandales de la « vache folle », de l’amiante, de la dioxine, du sang contaminé, doive,nt conduire à faire preuve de la plus grande prudence.

La technologie des OGM qu’on veut imposer au monde paysan au nom du « progrès », est en fait une source de profit considérable pour les firmes de l’agro-alimentaire. En instaurant des brevets sur le vivant à travers la production de variétés génétiquement modifiées, les firmes mettent les paysans en situation de dépendance totale.

Le gouvernement et le préfet du Gers ont choisi leur camp en imposant, y compris par la force, les intérêts des firmes. Le collectif anti-OGM du Gers, qui travaille sur cette question depuis cinq ans, reste plus que jamais déterminé à lutter contre les OGM et reste à la disposition de tous afin d’apporter des éléments d’informations aux citoyens et aux municipalités.

Nous remercions toutes celles et tous ceux, associations, syndicats, partis et citoyens, qui, nombreux à travers leurs courriers et appels téléphoniques, ont apporté leur soutien au collectif et aux blessés.

Aujourd’hui, et symboliquement, nous tournons le dos à la préfecture ? Nous ne rencontrerons pas le préfet. Nous voulons sa démission.

Restons pacifiques et non-violents, comme nous le sommes depuis le début de nos mobilisations, et ne répondons surtout pas aux provocations. »

Le Collectif anti-OGM du Gers

Gilles Gesson, 16 septembre 2004