LE LEDAT (Lot et Garonne) - Mystère autour d’une parcelle de maïs génétiquement modifié implantée en Villeneuvois
Il y a une certitude et des interrogations. Une parcelle de maïs OGM plantée au Lédat a été fauchée. Probablement en fin de semaine dernière et à coup sûr par des gens qui connaissaient leur affaire. La coupe est propre, quasiment faite au cordeau.
Voilà pour la certitude, il reste les questions pour l’heure sans réponse. Qui a procédé à cette coupe et pour quelles raisons ?
A la préfecture de Lot-et-Garonne, on assure ne pas être à l’origine de cette action. « Nous l’avons constaté mais le préfet n’en a pas donné l’ordre ».
A la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt (DRAF) dont le service protection des végétaux est chargé du contrôle du cahier des charges de ces essais, le son de cloche est identique. On sait mais on ne sait pas qui.
Du côté de la Confédération paysanne, des Faucheurs volontaires ou du Comité vigilance anti OGM, on assure n’y être pour rien mais on constate. « Seul le carré de maïs OGM a été fauché, explique Christian Crouzet. Les bordures de maïs non-OGM qui servent de barrières polliniques ont été préservées ». Le porte-parole départemental du syndicat s’interroge aussi sur la présence « probable » d’une deuxième parcelle d’essai. Pour lui le fauchage a été décrété en haut lieu, c’est-à-dire à Paris. L’annonce d’un communiqué prochain émanant du ministère de l’Agriculture semble accréditer cette thèse. « Il y a eu au moins deux erreurs de procédure dans ce dossier. Un seul essai a été annoncé alors qu’il y en a deux et la date de décision d’autorisation était fausse. Peut-être se sont-ils sentis obligés de faire machine arrière ? ».
Hier nous avons tenté en vain de joindre la société Syngenta en charge de la mise en oeuvre de l’expérimentation. Peut-être a t-elle une réponse à toutes ces questions ?
Jean-François Renaut