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Le Collectif des faucheurs volontaires communique

Communiqué de presse envoyé aux médias nationaux après la violente répression de la journée du 5 septembre.

Le Collectif des « faucheurs volontaires » s’élève avec force contre l’extrême brutalité dont ont fait preuve les forces de l’ordre pour empêcher l’opération de fauchage d’un essai d’OGM en plein champ, le dimanche 5 septembre, à Solomiac (Gers).

Cette opération de désobéissance civile a rassemblé environ huit cents personnes (hommes, femmes et enfants) pour une manifestation non-violente et à visage découvert, illégale mais légitime, face à l’obstination des pouvoirs publics à refuser l’application du principe de précaution en matière de cultures d’OGM et l’instauration d’un débat démocratique sur la question.

La répression qui s’est abattue sur des citoyens responsables et non-violents, est tout à fait scandaleuse. La mobilisation des forces de l’ordre (deux cents gardes mobiles, trente gendarmes, des maîtres-chiens et un hélicoptère) a été démesurée, et les moyens employés (gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes, violents coups de matraques, tirs depuis l’hélicoptère) totalement disproportionnés par rapport à l’attitude non-violente des manifestants.

Le bilan est lourd : une soixantaine de personnes, dont des enfants, ont dû être prises en charges par les pompiers, avec parmi elles de nombreux blessés (éclats de grenades, tympans percés, brûlures, jambe cassée) ; onze personnes ont été violemment interpellées (gazées, molestées, matraquées, menottées)… juste pour être entendues comme témoins (puisque aucun délit n’a été commis).

Le Collectif des « faucheurs volontaires » s’élève contre ces violences policières dignes d’un régime totalitaire. Il note à ce propos que si l’objectif de faucher la parcelle de maïs transgénique n’a pas été atteint, un autre l’a été : il est maintenant clairement démontré que le gouvernement a choisi d’employer la force publique face à des citoyens non-violents pour protéger des intérêts privés. Le dévoiement de son rôle de protecteur de l’intérêt général des consommateurs en protecteur des intérêts des firmes semencières, est aujourd’hui évident.

Le Collectif des « faucheurs volontaires » dénonce à ce propos les déclarations mensongères du préfet du Gers, pour qui « les manifestants se sont jetés avec violence sur les forces de l’ordre. » Peut-on imaginer des partisans de la désobéissance civile et de la non-violence, femmes en tête, en tee-shirts, « se jeter » et agresser des gardes mobiles armés jusqu’aux dents ?

Après ces événements scandaleux, les « faucheurs volontaires » se trouvent encore plus déterminés. Ils ressentent la disproportion de la répression qu’ils ont subie comme la confirmation de la justesse de leur cause. Pour preuve, depuis dimanche, le Collectif reçoit de nombreuses nouvelles inscriptions de « faucheurs volontaires » et de tout aussi nombreux messages de soutien et d’encouragement.

Une nouvelle fois, les pouvoirs publics commettent l’erreur de penser que la répression va avoir raison de notre détermination. Nous serons plusieurs centaines, samedi 11 septembre, à 10 heures, devant la gendarmerie de Riom (Puy-de-Dôme), pour accompagner trois d’entre nous convoqués pour leur participation au fauchage du 14 août à Marsat, et pour exiger d’être aussi entendus (comme nous l’avons fait à Toulouse et à Millau le 27 août) puisque, comme l’a reconnu le procureur de Toulouse, le délit qui leur est reproché a été commis « par plus de quatre cents personnes. »

Nous, représentants des 70% de Français hostiles aux OGM, continuerons à pratiquer, à revendiquer nos actions de désobéissance civile et à en assumer les conséquences, jusqu’à être entendus par les pouvoirs publics.

Le Collectif des « faucheurs volontaires »

Gilles Gesson, 10 septembre 2004