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Bonjour a tous,
Nous sommes désormais 12. 2 personnes doivent arriver demain. Les passages a l’aéroport se sont déroulés sans encombre. Certains ont été beaucoup questionnés, d’autres fouillés, mais tout le monde est passé.
Ce matin nous avions rendez-vous avec l’UAWC (Union des Comités de Travail Agricole) a 10h à Hebron.
C’est une organisation passionnante avec qui le contact a été fantastique. Nous avons été très impressionés par la qualité de leur travail. Ils sont structurés en groupes de paysans de base qui mettent en place des projets de développement agricole depuis 1986 (en fonction de la situation, ces programmes se transforment en programme de survie et auto-suffisance alimentaire, comme lors des 2 intifadas).
Les groupes de paysans (volontaires) sont chapeautés par des techniciens (salariés) et 16 directeurs (bénévoles aussi). Ils ont une approche participative des projets (définition et évaluation). Leurs domaines, entre autres :
citernes, pour lutter contre la pollution de leurs ressources en eau (polluées par les colonies et les décharges israéliennes), et le fait qu’ils ne peuvent pas construire de puits à plus de 300m de profondeur (réservé aux israeliens).
travail avec des groupes de femmes à qui ils fournissent du matériel qu’elles gèrent en commun sur plusieurs projets (apiculture familiale, fours solaires pour sécher des fruits et herbes, semences et citernes pour jardins potagers-très utile en cas de couvre-feu quai-permenent comme cela a été le cas pendant 3 ans à Hebron- coopératives artisanales pour vendre les tissages et broderies, etc...)
aménagement de terres peu utilisées pour augmenter leur productivité (construction de terrasses et plantation d’arbres fruitiers avec sous-couvert en légumes et citernes) et les soustraire à la colonisation (il y a une loi israélienne qui condamne toutes les terres non utilisées à être annexées, mais bon, ca n’empêche quand même pas les colons et le mur d’annexer aussi celles qui le sont).
campagnes d’éducation écologique auprès des enfants (recyclage de l’eau) et des paysans (utilisation des produits chimiques). À ce propos, la majorité des intrants agricoles sont bien sûr israéliens, et sur les produits pesticides et engrais, c’est écrit en petit et en hébreu "a n’utiliser qu’en territoires palestiniens, interdits en Israël, ces produits étant bien sûr non conformes aux normes internationales dans ce domaine) En bref, ce sont des gens passionnants qui font un travail très important. Ils sont majoritairement financés par des ONG européennes ou groupes de soutien internationaux, et travaillent aussi sur des projets de l’autorité palestinienne, qui ne se soucie que très peu d’agriculture.
À souligner : ils manquent de soutien au niveau environnemental pour dénoncer internationalement les exactions israéliennes à ce sujet. Ils aimeraient aussi construire des liens plus forts avec des associations anti-OGM. Nous avons vu leurs projets à l’œuvre et des terrasses réhabilitées avec des arbres de trois ans qui poussent doucement dans des décors de rêve au pied des colonies. Nous avons été très impressionnés par l’ampleur de leurs réalisations...ils déplacent des montagnes...
À Hebron, nous avons voulu voir la réalite de la colonisarion. Retour brutal à la réalité. Les mots sont durs à trouver. Leurs projets de développement et leur enthousiame nous avaient presque remplis d’optimisme. Jusqu’à ce qu’on marche dans le centre d’Hébron, sous des grillages couverts d’immondices dans les rues situées sous celles annexées par les 400 colons protégés par 6000 militaires au cœur de la ville, qui jettent leurs ordures sur les palestiniens en dessous. Les palestiniens appellent ce quartier l’enfer et c’est un peu ce que nous avons traversé jusqu’au tombeau des patriarches. Jeunes militaires armés jusqu’aux dents, hyper insolents pour certains, qui prennent plaisir à vous bloquer dans les grilles des tourniquets des chek-points (un peu comme ceux des sorties de métro a Paris), à fouiller vos sacs etc. C’est très choquant, et pourtant tout c’est tres bien passé, ’nous n’avons eu aucun problème’.
En rentrant à Jérusalem nous n’avons été controlés que trois fois.
Demain nous visitons Jérusalem avec l’AIC.
Mission 114
Création de l'article : 14 novembre 2005
Dernière mise à jour : 14 novembre 2005
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