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19 novembre Yascout Al Gidar |
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On repart vers le Nord Ouest : Qalqilya, ville encerclée par le mur.
Région mise en pièces par la construction du mur, qui, ne respectant pas la ligne verte, entre jusqu’à 3 km à l’intérieur des terres.
A midi, accueil par les paysans du PFU, producteurs d’agrumes, de légumes et de brebis. Visite des principaux points à problèmes :
Le mur. Il encercle la ville au plus près des maisons confisquant plus de la moitié des terres, perte de 6 000 dunums sur 10 000 [1]. Il ne laisse qu’une seule sortie qui est étroitement contrôlée. La partie du mur qui est en béton fait aussi barrage, en retenant les eaux de pluie et les égouts dont les Israéliens maîtrisent la sortie par deux vannes dans le mur. (on devrait recupérer un DVD là-dessus)
L’hiver dernier après 24 heures de pluie trois à cinq mètres d’eau se sont accumulés dans la plaine noyant les serres, les volailles et les premières maisons dont l’école. Les Israéliens contemplant le spectacle du haut du mur ont attendu 48h pour ouvrir les vannes.
Les issues, officiellement 4 portes de service, sont en fait fermées, empêchant les paysans d’aller travailler sur leurs terres de l’autre côté. La dernière porte a été fermée suite à un attentat suicide d’un jeune fiancé qui était en train de construire sa maison et qui a perdu sa terre et son espoir.
Les poubelles depuis 4 ans s’amoncellent aux portes de la ville à proximité des terres cultivées, Israël interdisant de les détruire ou de les amener ailleurs. Donc nous avons vu un tas de 15m sur 50m qui avance tous les jours grignotant les 5 dunums (0,46ha) restant du paysan qui nous accompagnait -il en a 10 (0,9 ha) sous le mur et 5(0,45 ha) de l’autre côté.
Le passage rapide dans le verger d’un des paysans qui nous accompagnait témoignait de la prospérite que pourrait connaître la ville : oranges, goyaves, citrons, mandarines, avocats...
Toute petite coopérative d’approvisionnement montée par 22 éleveurs possédant en tout 10 brebis : il faut résister. Cette coopérative fournit aliments et médicaments à l’ensemble du secteur, bénéficiant ainsi du programme d’aide du PARC (recuperation de la TVA, remises).
Rencontre avec Faysal Hindi du PARC. Un vrai cours de géopolitique, reprenant l’histoire de Qalqilyia depuis 46 où on apprend que les relations israélo-palestiniennes ont pu être cordiales.
Qalqilyia est un enjeu stratégique puisqu’elle est située sur la plus grande ressource d’eau de Cisjordanie ayant permis un développement economique. Aujourd’hui cette eau permet de résister.
75% de la population sont des réfugies des villages détruits alentour depuis 48.
En 67 la ville a été bombardée, les habitants ont été amenés en Jordanie en bus, lorsqu’on leur a permis de revenir, leurs maisons et leurs biens avaient été détruits. Ils ont été reconstruits avec les contributions de l’ONU.
De 67 à 78 les travaillistes au pouvoir s’approvisionnent en main-d’œuvre palestinienne, la ville se développe en accueillant des travailleurs venant de toute la Palestine et des autres pays arabes. Même les Israéliens viennent faire leurs courses ici. Ils parlent alors du ‘village de la paix’.
1976 : des élections municipales sont organisées et des attentats israéliens ciblés sur les élus des principales villes palestiniennes ont abouti a la mise en place d’hommes qui plaisaient plus aux Israéliens.
années 80 : le Likoud change la politique d’Israël en développant les colonies mitant le territoire palestinien, s’appropriant l’eau et les terres à l’intérieur du territoire palestinien. C’est l’origine de la premiere Intifada.
le mur a 4 ans : 48 km de long, sur 30 000 dunums sur son passage et volant 38 000 à l’extérieur avec 19 puits et 105 000 arbres coupés en pleine récolte sans droit même de récupérer le bois. Petit à petit, toutes possibilités de passer de l’autre côté se referment. Mais ne vous inquiétez pas, l’UE finance des tunnels qui assureront la ‘contigüité’ du territoire. Le mur permet le contrôle de la population, de ses déplacements.
contrôle de l’eau : elle est contingentée par Israël et malgré les accords économiques de Paris, rien ne change. Interdiction de creuser de nouveaux puits, sachant que les Israéliens ont encouragé avant la construction de maisons autour des anciens puits qui ne peuvent donc plus être utilisés.
Tout cela n’a pas supprimé totalement l’espoir de ces gens dont la lutte nous paraît tous les jours plus exemplaire.
mission 114 (Laurent et Elisabeth)
Notes
[1] environ 550 ha sur 910 : 1 dunum = 0,0912ha
Mission 114
Création de l'article : 20 novembre 2005
Dernière mise à jour : 25 novembre 2005
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